APPEL À PARTICIPATION

CARIBBEAN MUNDUS

Pouvoir, histoire, (post)-esclavages, environnement et futurs durables dans la grande Caraïbe 23-25 mai 2024 Université des Antilles, Campus de Schœlcher, Martinique

APPEL À PARTICIPATION EN FRANÇAIS ET EN ANGLAIS :

https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2024/02/CFP_CARIBBEAN-MUNDUS-2024_EN-FR-1.pdf 

Caribbean Mundus représentera une opportunité indéniable de faire fructifier les initiatives de recherche collaborative et d'innovation mises en œuvre par le biais du programme ConnecCaribbean, ouvrant ainsi davantage d'opportunités de co-organisations d’événements scientifiques, de collaborations et de projets de recherche orientés solutions en vue de bâtir des futurs durables dans la Caraïbe tout en ayant un impact à l’échelle européenne et mondiale. Le symposium réunira des universitaires, des praticiens et des experts en études caribéennes du monde entier, dont un certain nombre de chercheurs affiliés au programme ConnecCaribbean. Des conférences plénières, séminaires thématiques, tables rondes, ateliers interactifs, séminaires doctoraux et dialogues de science ouverte seront proposés à l'université ainsi qu’au sein des espaces communautaires en Martinique. Ce symposium contribuera à démontrer dans quelle mesure des synergies productives peuvent émerger de la région et permettre d’ouvrir de nouveaux champs de recherches transdisciplinaires. Caribbean Mundus ouvrira véritablement de multiples dialogues et réflexions qui auront pris leur ancrage dans le programme ConnecCaribbean et offriront de nouvelles opportunités d'utiliser les résultats du programme de manière plus large. Il s’agit à terme d’encourager l'engagement communautaire dans la région et de stimuler des voies collaboratives impliquant les gouvernements, les organisations de la société civile ainsi que les agences de développement afin de lier les résultats de la recherche à des actions politiques et des solutions pratiques pour de meilleurs futurs caribéens durables.

Les résumés (maximum 350 mots) et les biographies succinctes (maximum 150 mots) doivent être soumis avant le 1er février 2024 à: caribbeanmundus@gmail.com. (Date limite de soumission prolongée : 20 février 2024) Nous accueillons volontiers les propositions provenant de chercheurs et d’universitaires spécialisés dans les études caribéennes et encourageons les jeunes chercheurs, étudiants en doctorat, praticiens des domaines socio-culturels et artistes créatifs à soumettre des propositions. Les communications peuvent être présentés en espagnol, anglais, français ou créole. Une sélection des communications sera publiée dans les actes du symposium et/ou dans un numéro spécial d'une revue scientifique internationale.

 

BILAN

LE PROJET CESAR PUBLIE SON BILAN

Dans le cadre du premier appel à projet conjoint de l’Agence Nationale de la Recherche sur le développement et l’innovation par rapport à la crise environnementale des échouages d’algues sargasses, le projet CESAR “Environnement côtier sous la pression des sargasses” dévoile le bilan de ses réalisations.

Le bilan : https://ircab.hypotheses.org/1245

APPEL À CONTRIBUTIONS

Appel à contributions pour le dossier thématique

« Panafricanismes, (post)esclavages et race »

no 12 de la revue, novembre 2025

Esclavages & post~esclavages / Slaveries & Post~Slaveries

Éditeur scientifique Sakiko NAKAO, Université Chuo

Date limite pour l’envoi de résumés : 1er juin 2024

Date limite de soumission des articles : avant le 1er novembre 2024

Validation de la version définitive des articles : 1er juillet 2025

Argumentaire

L’origine de la diaspora africaine résulte de la déportation massive des personnes captives depuis le continent africain vers les Amériques et des territoires de l’océan Indien et d’Asie. Ce mouvement de migration forcée est accompagné d’un processus de racialisation de ces personnes mises en esclavages (Cottias, 2007). Ainsi certaines caractéristiques physiques et culturelles supposément communes à celles-ci sont-elles systématiquement associées à leur ascendance « africaine » et à leur condition subalterne. Envisagé comme un mouvement de résistance antiraciste, le panafricanisme qui renverse le stigmate est sous-tendu par des liens de solidarité raciale. Élément structurant des sociétés post-esclavagistes y compris sur le continent africain, la blackness et l’africanité se développent alors de façon interdépendante (Pierre, 2013). Au fil du temps, certaines luttes panafricaines ont tenté de transcender les appartenances racialisées pour envisager une solidarité transnationale anticoloniale et antinéo-coloniale, tandis que d’autres soulignent davantage une solidarité culturaliste et ravivent son fondement racial (Apter, 2016). Comment les différents acteurs politiques et culturels du panafricanisme se sont-ils positionnés de manière explicite ou implicite vis-à-vis de l’histoire de racialisation ?

Ce numéro propose d’étudier les répercussions de la matrice transatlantique de la race sur les sociétés post-esclavagistes. Une attention particulière sera accordée aux sociétés sur le continent africain car les logiques raciales opérant au sein de celles-ci ont peu été étudiées. 2 Nous entendons les logiques raciales comme une idée partagée selon laquelle les supposées différences physiques et culturelles entre les groupes se transmettent de façon héréditaire d’une génération à une autre (Takezawa, 2005). Si ces logiques ont pu exister dans de très nombreuses sociétés avant l’invention européenne du « racisme scientifique », les structures sociales, politiques et économiques qui exploitent ces différences se sont transformées à l’introduction de celui-ci et ont été intégrées aux processus globaux de racialisation (Takezawa & Schaub, 2022 ; Clarke & Thomas, 2006 ; Pierre, 2013). Nous questionnerons les modalités selon lesquelles les logiques raciales sont mobilisées au sein des mouvements panafricains du XIXe au XXIe siècle. Quels sont les impacts qui en résultent sur la vision de l’« Afrique » comme communauté d’appartenance ainsi que sur le processus d’identification et l’autoidentification de l’Être africain ?

Il s’agira d’étudier les circulations et les transformations de la pensée raciale au sein des communautés africaines du continent et de la diaspora, les forces et les limites de leur mobilisation au sein du mouvement panafricain. La mobilisation politique des idéologies raciales peut être un outil de résistance mais aussi générer des conflits internes aux sociétés africaines ou entre celles-ci. Y a-t-il une convergence dans les stratégies de résistance antiraciste et/ou panafricaine adoptées dans les différentes sociétés post-esclavagistes ? Ou, au contraire, les diverses interprétations des concepts culturels et politiques chromatiques tels que la négritude et la blackness ont-elles été sources de divergences au sein du panafricanisme ? Comment cette affinité ou divergence a-t-elle été instrumentalisée par les pouvoirs politiques nationaux et internationaux (Apter, 2016 ; Pierre, 2013) ?

Axes

Les contributions peuvent porter entre autres sur les thèmes suivants :

• La dimension symbolique des traites et esclavages au sein des mouvements panafricains depuis leur origine jusqu’à aujourd’hui.

• Les politiques de mémoire des traites et esclavages menées par les gouvernements africains et/ou les instances internationales (OAU, UNESCO, etc.) et leurs impacts sur les conceptions racialisées d’appartenance des Africains du continent et de la diaspora.

• La question de la citoyenneté et de la nationalité des personnes issues de la communauté diasporique.

• Les manifestations culturelles panafricanistes (FESMAN à Dakar, 1966 et 2010 ; PANAF à Alger 1969 ; FESTAC à Lagos, 1977 ; FESPACO à Ouagadougou depuis 1969 ; PANAFEST au Ghana depuis 1992, etc.).

• Les discours et les pratiques sociales, culturelles et politiques au sein des sociétés africaines ou de la diaspora mobilisant les logiques raciales.

• La place des logiques raciales dans les discours et les pratiques définissant les relations sociales notamment autour des statuts sociaux liés à l’esclavage au sein des sociétés africaines.

• Les militantismes et l’afrocentrisme plaçant l’identification lignagère de la communauté africaine au centre de leur idéologie.

• Les contributions portant sur les régions souvent mises en marge des discours panafricanistes, telles que l’Afrique du Nord, l’océan Indien, ou la diaspora africaine de l’Asie sont les bienvenues.

Enfin, une attention particulière pourra être accordée aux études des contre-discours aux identifications chromatiques de l’Afrique comme les concepts de la créolité ou de l’afropolitanisme.

Appel à contribution complet : https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2024/01/CFP_N12_EP1_FR.pdf

Les propositions d’articles (entre 500 et 800 mots) sont à envoyer pour le 1er juin 2024 à ciresc.redaction@cnrs.fr

L’avis sera rendu le 1er juillet 2024. Les papiers acceptés (45 000 signes maximum, espaces comprises, bibliographie incluse) devront être soumis en français, en anglais, en espagnol ou en portugais, avant le 1er novembre 2024 impérativement. Ils seront accompagnés d’une synthèse de 3 600 signes maximum espaces comprises.

La liste complète des recommandations aux auteur·trices est disponible : https://esclavages.cnrs.fr/wp-content/uploads/2021/03/4a_RECOMMANDATIONS_AUTEURS.pdf.

AVANT-PREMIÈRE

Le LC2S, le CNRS, la Bibliothèque Universitaire et l’Institut National d’Histoire de l’art en partenariat avec le Bureau des affaires culturelles de l’Université des Antilles ont le plaisir de vous inviter à l’avant-première :

Des Rendez-vous numériques en histoire de l’art des Antilles, carte blanche de l'INHA

Le mardi 28 novembre à 10h à la BU du campus de Schœlcher

L’événement est ouvert à tout public.

Retrouvez les premiers teasers sur la chaîne YouTube de l’INHA, ainsi que sur l’espace dédié dans la bibliothèque numérique Manioc.org!

Teaser générique : https://www.youtube.com/watch?v=t3cQ9coIvEU

Espace manioc dédié http://www.manioc.org/rdvnumhistart.html

SÉMINAIRE

Programme du séminaire

« Les mots de l’esclavage et du post-esclavage »

Campus Condorcet — Bâtiment de l’EHESS — salle A427 (4ème étage)
2 cours des humanités, Aubervilliers

Les vendredis de 14h30-16h30

Pour vous inscrire (même si vous ne pouvez pas assister à toutes les séances et même si vous n’êtes pas inscrits à l’EHESS) : https://participations.ehess.fr/
Le séminaire sera en présentiel, avec possibilité de le suivre sur Zoom.

Programme

10 novembre : Dimitri Béchacq (CNRS, LC2S), « De la politisation de la race à la racialisation de la culture : Aimé Césaire à l’épreuve des usages de la race en Haïti (1944) »

24 novembre : Lou Kermarrec (post-doctorante au musée du Quai Branly), « Comment ethnographier et définir l’indianité en Guadeloupe ? Éléments théoriques et méthodologiques pour l’étude d’un contexte post-engagisme »

1er décembre (10h-12h) : Ana Lucia Araujo (Howard University) présentation de son ouvrage (en français) : The Gift: How Objects of Prestige Shaped the Atlantic Slave Trade and Colonialism, (Cambridge University Press, novembre 2023) – commentaire : Alexandre Girard-Muscagorry (EHESS – Philharmonie de Paris)

1er décembre (14h30-16h30) : Martha Jones (John Hopkins University), « Citizenship »

22 décembre : Jean-Raphaël Gros-Désormeaux (CNRS, LC2S), « Environnement et patrimoine »

12 janvier : Présentation des travaux des étudiant. e. s en master

26 janvier : Martin Rodrigo y Alharilla (Université Pompeu Fabra, Barcelone), « Entre l’histoire et l’oubli : l’Espagne et la traite des esclaves »

9 février : Élodie Edwards-Grossi (Université Paris Dauphine) présentation de son livre « Mad with Freedom : The political economy of Blackness, insanity, and civil rights in the U.S. South, 1840-1940 », (LSU Press, 2022)

23 février : Aude Durand (Université de Brest), « Du visible à l’invisible : hiérarchies juridiques et réalités sociales révélées par l’étude de quelques tombeaux d’affranchis pompéiens à la Porta Nocera »

8 mars : Ricardo Roque (Université de Lisbonne), « The words for slavery in skull collections »

22 mars : Thomas Mareite (Université de Tübingen), « Refuges : Esclaves et Esclavagistes en Exil (Etats-Unis, Mexique, Grandes Antilles, c.1790-1860) »

26 avril : Solène Brun (Institut Convergences Migrations), « L’apprentissage de la race en famille »

17 Mai : Sasha Turner (John Hopkins University) : titre à venir

SOUTENANCE DE THÈSE

Le LC2S a le plaisir de vous annoncer la soutenance de thèse publique de Carlo Handy CHARLES

Espace transnational et Homosexualité:
Une analyse des relations transnationales homosexuelles des hommes en Haïti avec leurs partenaires de la diaspora

La soutenance aura lieu en visioconférence

Le vendredi 29 Septembre 2023 :
-        A 13 heures – Room KTH712, McMaster University, Hamilton –Ontario- Canada.
-        A 13 heures en Martinique
-        A 19 heures -En France hexagonale

https://mcmaster.zoom.us/j/7237193284

Meeting ID: 723 719 3284

Composition du jury :
M. Cédric AUDEBERT, Directeur de recherche CNRS, Université des Antilles ;
M. Victor SATZEWICH, full professor, McMaster University, Ontario, Canada;
Mme Bezunesh TAMRU, professeure, Université Paris 8 ;
Mme Patricia LANDOLT, professor, University of Toronto Scarborough, Toronto, Canada ;
Mme Mélanie HEATH, Professor, McMaster University, Ontario, Canada ;
M. Jean-Raphaël GROS-DESORMEAUX, Chargé de recherche HDR au CNRS, Université des Antilles.

SOUTENANCE D’HDR

Le LC2S a le plaisir de vous faire part de la soutenance publique de l’habilitation à diriger des recherches (HDR) de M. Yann Bérard, le lundi 2 octobre 2023, à partir de 8 h 00 (heure de Martinique) - 14 h 00 (heure de Paris), à l’université des Antilles.

Le dossier comporte trois volumes :
Synthèse du parcours scientifique (vol. 1), « Des situations d’expertise aux situations postcoloniales »
Recueil de travaux (vol. 2), « L’expertise en action »
Mémoire original (vol. 3), « La politique de laboratoire : les Outre-mer face à la bifurcation écologique »

Composition du jury :
Mme Soraya Boudia, professeure des universités, université Paris Cité (rapportrice)
M. Fred Constant, professeur des universités, université des Antilles (rapporteur)
M. Justin Daniel, professeur des universités, université des Antilles (garant)
M. Martial Foucault, professeur des universités, Sciences Po Paris
Mme Sandrine Maljean-Dubois, directrice de recherche au CNRS, Centre d’études et de recherches internationales et communautaires
Mme Virginie Tournay, directrice de recherche au CNRS, Centre de recherches politiques de Sciences Po (rapportrice)

 

RÉSUMÉ DE LA SYNTHÈSE DU PARCOURS SCIENTIFIQUE

Des situations d’expertise aux situations postcoloniales

La première étape de notre parcours scientifique interroge les processus de fabrication et de légitimation des savoirs dans l’action publique. Un concept-clé marque cette étape inaugurale, celui de situation d’expertise, entendue comme « la rencontre d’une conjoncture problématique et d’un savoir spécialisé » (CRESAL, 1985, p. 3). Dans cette voie, l’analyse des situations d’expertise appelle à étudier l’expertise en action. À rebours d’une conception commune de l’expertise faite, consistant à appliquer à une situation donnée des savoirs déjà constitués (« systèmes-experts »), l’étude de l’expertise en action suppose à la fois de décrire les modes de fabrication de ces savoirs et la façon dont ils donnent prise (ou non) à une situation d’échappement (incertitude, débordement, crise, etc.). Sous cet angle, l’ajustement des savoirs peut être considéré comme « l’épreuve de vérité » d’une situation d’expertise. Cette perspective d’analyse constitue l’un des acquis de nos travaux de troisième cycle au Centre de recherches sur l’action politique en Europe (aujourd’hui Arènes), nous autorisant à poser les jalons d’une sociologie pragmatique, écologique et politique de l’expertise. Le fil rouge du recueil de publications présenté dans le deuxième volume de cette HDR puise largement dans cette approche, qui inspire tout autant les travaux que nous menons par la suite.

La deuxième étape de notre parcours scientifique s’intéresse à l’émergence de « nouvelles » situations d’expertise associées à la montée en puissance des changements globaux (Longaretti, 2013) et, par extension, de la question écologique. Cette étape marque à la fois un aboutissement et un nouveau point de départ dans nos recherches. Elle s’ouvre avec notre postdoctorat au Centre Émile-Durkheim, consacré à la construction sociale et politique de l’expertise climatique. L’analyse des préoccupations liées aux changements globaux se voit confortée à la suite de notre recrutement comme maître de conférences à l’université des Antilles (et, à l’époque, de la Guyane) sur une chaire d’excellence scientifique mixte du CNRS, fléchée « Biodiversité et politiques publiques ». Au-delà d’un intérêt pour la duplication des formes d’expertise climatique en matière de biodiversité, tout comme pour les conséquences du changement climatique sur la biodiversité, l’orientation que prennent nos recherches peut se résumer à une interrogation sur les processus de mise en politique des changements globaux, soit la façon dont ces enjeux sont constitués en problèmes publics et mis sur l’agenda gouvernemental pour faire l’objet de politiques publiques. Dans cette voie, la territorialisation des dispositifs d’action publique retient particulièrement notre attention.

Notre arrivée en Martinique et au LC2S inaugure parallèlement une troisième étape de notre parcours scientifique qui envisage la question écologique en contexte ultramarin. Ce décentrement nous conduit à porter un autre regard sur les politiques environnementales « à la française », en déployant une réflexion propre à l’Outre-mer, caractéristique d’une situation post-coloniale, où « le présent et le passé, l’interne et l’externe s’interpénètrent » (Smouts, 2007, p. 31). L’un des enjeux de l’analyse de cet autre genre de situation consiste précisément à rendre compte du (ou des) sens dont relève son « après » qui, dans le cas de l’actuelle France dite d’Outre-mer, notamment aux Antilles et en Guyane, n’est pas simple (Giraud, 2004). Pour l’appréhender, nous participons à diverses plateformes scientifiques, ainsi qu’à un nombre croissant de projets de recherche à l’échelle de la grande Caraïbe. Ces terrains et travaux nous conduisent à mettre en évidence une grammaire de l’action publique environnementale originale, dont l’analyse est au cœur du troisième volume présenté pour cette HDR. La mise en place d’une nouvelle équipe de recherche, l’animation d’un séminaire dédié à ces enjeux au sens large, ainsi que la participation au suivi et à l’encadrement de premières enquêtes doctorales en sociologie politique au sein de l’université des Antilles (et ailleurs), constituent des éléments structurants de cette dernière étape en cours.

Références citées :
CRESAL, Situations d’expertise et socialisation des savoirs, Actes de la table ronde des 14 et 15 mars 1985, Saint-Étienne, 1985 (ronéotypé).
Giraud (Michel), « Les enjeux présents de la mémoire de l’esclavage », dans Stéphane Dufoix et Patrick Weil (dir.), L’esclavage, la colonisation et après… France, États-Unis, Grande-Bretagne, Paris, Presses universitaires de France, 2004, p. 533-558.
Longaretti (Pierre-Yves), « Changements globaux », dans Agathe Euzen, Laurence Eymard, Françoise Gaill (dir.), Le développement durable à découvert, Paris, CNRS Éditions, 2013, p. 40-41.
Smouts (Marie-Claude), « Le postcolonial pour quoi faire ? », dans Marie-Claude Smouts (dir.), La situation postcoloniale, Paris, Presses de Sciences Po, 2007, p. 25-66.

 

RÉSUMÉ DU MÉMOIRE ORIGINAL

La politique de laboratoire : les Outre-mer face à la bifurcation écologique

Les Outre-mer, « fers de lance de la transition écologique » ? Depuis quelques années, la République française s’attache à lier le destin de ses territoires ultramarins à celui de la question écologique, les enjoignant à « assumer la responsabilité d’être des territoires pionniers » en matière de protection de la biodiversité, de gestion des risques, d’économie circulaire et de transition énergétique. Signe révélateur ou aveu de faiblesse, cet appel à l’exemplarité est souvent appuyé par la métaphore du laboratoire, laquelle se prête bien à l’entreprise d’élaborer un remède aux nombreux maux que connaissent ces territoires (chômage, violence, cherté de la vie, etc.).

Appeler les Outre-mer français à montrer l’exemple en matière d’écologie, après qu’une large partie d’entre eux ont été successivement soumis à la brutalité de l’extractivisme colonial et sevrés à l’idéologie du progrès modernisateur, en particulier au sein des « quatre vieilles », n’a cependant rien d’évident. Sur cette toile de fond, la promotion desdits Outre-mer en territoires figurant « un avenir soutenable, écologique » peut aussi apparaître comme une façon de chercher à réenchanter une relation à l’État, qui bute régulièrement sur le reflux de la question sociale depuis les premières heures de la départementalisation.

Inséparable de l’affirmation d’une capacité à inspirer, de proche en proche et à distance, les territoires ultramarins eux-mêmes et leurs voisins régionaux, voire l’Hexagone ou l’Europe continentale, la promotion contemporaine des Outre-mer en laboratoires « hors-les-murs » du développement durable révèle la persistance d’une vision expérimentale attachée à ces territoires depuis la période coloniale. Ce faisant, l’assignation de la France du Dehors aux « avant-postes » d’une économie verte et bleue mondialisée n’est pas sans compter avec l’émergence de revendications politiques nouvelles de la part d’acteurs et pouvoirs locaux en quête de sens et d’émancipation, témoignant de l’éveil d’une « conscience écologique » propre, bien qu’encore incertaine et fragile.

C’est à la mise en perspective de cette situation post-coloniale que s’attache le mémoire original de la présente HDR, à travers l’exploration des principaux domaines d’action publique dont relève la question environnementale aux Antilles et en Guyane, où la nature représente depuis la conquête du Nouveau Monde un motif constant d’intérêt et de préoccupation, qu’il s’agisse de l’exploiter ou de la protéger.

En sondant la crise écologique actuelle à partir de l’expérience des « laboratoires créoles », l’analyse des politiques environnementales outre-mer entre alors en résonance avec de nombreuses autres questions (institutionnelle, scientifique, foncière, autochtone, etc.), au cœur de la relation vivante et donc évolutive d’une République à ses marges, qu’elle contribue à éclairer autrement.

COLLOQUE

Le LC2S a le plaisir de vous faire part du colloque qui se tiendra au Parc Floral de Paris (en mode hybride) les 12 et 13 octobre 2023 :

De l’Altérité des Plantes et des Humains. Circulations globales et (ré)appropriations locales

Une inscription est demandée aux participants avant le 7 octobre 2023 pour l'émission des badges d'accès et l'envoi du lien de la visioconférence : https://exorigins.hypotheses.org/2759

Les végétaux – sous forme de graines, de fruits, de plants – ont de tous temps voyagé au gré des circulations des différents collectifs du vivant, parmi lesquels les sociétés humaines. La dissémination des végétaux autour du monde par les humains a souvent accompagné les conquêtes – militaires, religieuses, économiques et à visées coloniales. Elle a même souvent été encouragée par des politiques d’accaparement des savoirs et des savoir-faire techniques, à l’exemple de celles qui sont à l’origine des grandes explorations naturalistes réalisées par les puissances coloniales. Les sociétés d’accueil de ces végétaux se les sont appropriés et ont créé, à leur tour, de nouveaux discours, et mis au point de nouvelles techniques pour les façonner à leur image. De fait, les patrimoines culinaires et paysagers que nous connaissons aujourd’hui sont le résultat de ces circulations végétales intensives. Cette mise en ordre du monde végétal par les sociétés d’accueil s’est accompagnée d’un traitement cognitif des Autres et des Ailleurs, c’est-à-dire de production d’altérités.

Ce colloque propose de poser un regard sur quelques trajectoires de végétaux et les altérités qu’elles construisent, pour les mettre en perspective avec les débats actuels sur les grands enjeux migratoires et écologiques contemporains. A l’heure des dérèglements climatiques, des pandémies, de l’afflux toujours plus important de migrants et d’un mouvement de contraction des circulations à l’échelle globale ; associé à une augmentation des restrictions aux frontières, de nouveaux discours sur l’altérité émergent. Parmi ceux-ci, la question de l’identité et du statut des plantes s’impose à nous de façon évidente.

Lors de ce colloque, nous proposerons une réflexion en deux temps : le premier jour, nous mettrons en lumière la façon dont la circulation des végétaux et la construction de l’altérité se donnent à voir dans nos sociétés, à l’ère de l’anthropocène, où les plantes sont considérées comme des objets ou de simples marchandises que les humains peuvent déplacer et dont ils peuvent disposer.

Le second jour, nous inverserons la perspective, pour proposer un regard et une base de réflexion sur la façon dont les végétaux peuvent être les sujets et les acteurs des processus migratoires et écologiques actuels.

Ces deux journées seront rythmées par les présentations des membres de l’équipe et des discussions sous forme de table-ronde, avec des invités externes, spécialistes des thèmes abordés. Des projections vidéos viendront ponctuer la programmation.

Pour toute question, n'hésitez pas à contacter les organisatrices du colloque.

Emilie Stoll - emilie.stoll@cnrs.fr
Eugénie Denarnaud - eugenie.denarnaud@gmail.com
Liliana Motta - motta@orange.fr
Aurore Duchemin - aurore.duchemin@efap.com

Programme du colloque : https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2023/09/Programme_Colloque_120ppi.pdf

Les prémices d’un partenariat prometteur entre l’Université des Antilles et le CNRS

Entre l'Université des Antilles et le CNRS - Centre national de la recherche scientifique, le lundi 22 mai 2023, en présence de : M. Michel GEOFFROY, Président de l'université des Antilles ; Mme Gisèle MOPHOU, vice présidente de la commission de Recherche du pôle Guadeloupe de l'université des Antilles ; M. Alain SCHUHL, Directeur Général délégué à la science du CNRS ; Mme Christelle ROY, Directrice Europe et International du CNRS ; M. Jean-Raphaël GROS-DESORMEAUX, adjoint au directeur scientifique référent outre mer du CNRS ; Mme Anne RENAULT, en charge de la feuille de route Outre-mer du CNRS ; M. Jean-Stéphane DHERSIN, Directeur Adjoint Scientifique de l'Institut National des Sciences Mathématiques et de leurs Interactions au CNRS ; Mme Audrey ARMOUGON, Assistante de direction de la présidence de l'université des Antilles.

Les deux établissements s'engagent à croiser leur feuille de route pour l'internationalisation d'une recherche à partir des Antilles.