CHIVALLON Christine (Martinique), Directrice de Recherche 1ère classe CNRS

Christine Chivallon est géographe et anthropologue. Elle a intégré le Centre National de la Recherche Scientifique en 1993 dans la section « Espace et sociétés ». Directrice de recherche depuis 2007, elle est titulaire d’une Habilitation à diriger des recherches (HDR) en anthropologie décernée par l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS, 2012). Elle a été promue au grade de Directrice de recherche 1ère classe en 2014. Elle a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2000.

À travers ses recherches, Christine Chivallon associe les questions de cultures, mémoires et matérialité et s’intéresse au pouvoir des médiations matérielles dans les représentations sociales et les processus de domination qu’elles génèrent. Ses travaux sont principalement consacrés aux univers caribéens et aux sociétés à fondement esclavagiste des Amériques où la violence est fondatrice des rapports sociaux. Elle a successivement étudié la trajectoire des anciens esclaves à la Martinique ; les réseaux religieux pentecôtistes des migrants jamaïcains au Royaume-Uni ; la mémoire de l’esclavage dans les anciens ports négriers européens et les registres mémoriels relatifs à l’esclavage dans la Caraïbe incluant l’analyse des dispositifs muséographiques et du langage patrimonial. Durant les dix dernières années, elle a conduit une large recherche sur le souvenir de l’esclavage à travers les témoignages des descendants d’une insurrection anticoloniale à la Martinique au 19ème siècle (Insurrection du Sud, 1870). Mobilisant les notions de mémoire incorporée, de souvenirs verbalisés, de mise en récit, de traces matérielles, elle a notamment développé cette recherche sur la base d’une comparaison avec la Jamaïque et les protagonistes de la Révolte de Morant-Bay (1865). Elle étudie actuellement les liens entre « pouvoir » et « usages de l’art » à la Martinique en rapport avec les héritages de la société de plantation. Ses travaux comportent aussi un important volet consacré au concept de diaspora et aux différentes acceptions qu’il prend dans le monde noir des Amériques. Sa démarche s’efforce en outre de relier constamment la production des savoirs à une exigence réflexive. Dans un domaine plus épistémologique, elle s’intéresse à la variabilité du sens des concepts, aux variantes du postmodernisme, aux cultural studies, aux études postcoloniales/décoloniales et au material turn dans une perspective comparative entre les espaces académiques français et anglo-américains.

Elle est cofondatrice (avec les Professeurs Barry Chevannes, Jessica Byron, Justin Daniel et Robert Lafore) du programme d’enseignement et de recherche « France Caraïbe » associant l’Université Antilles-Guyane (UA-Martinique), The University of the West Indies (UWI, Jamaïque) et Sciences Po Bordeaux (France métropolitaine). Elle a été chargée de cours à Sciences Po Bordeaux jusqu’en 2017, où elle a enseigné l’histoire et l’anthropologie de la Caraïbe et dirigé des thèses de sciences politiques. Elle enseigne aujourd’hui au Département d’anthropologie de l’Université de Bordeaux.où elle dirige des thèses en anthropologie.

Elle est fondatrice et responsable du groupe « Mondes Caraïbes et transatlantiques en mouvement » (MCTM) à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme de Paris (FMSH) en partenariat avec l’UMR « Passages » (http://www.fmsh.fr/fr/recherche/24268). Elle est élue « Visiting Fellow » du Kellogg College (University of Oxford) depuis décembre 2013.

Presentation

Christine Chivallon is both an anthropologist and a geographer affiliated to the “Passages” Research Center, Université de Bordeaux (France). She was appointed at the CNRS (National Center of Scientific Research) in 1993. In 2000, she was awarded the Bronze Medal from the CNRS for her body of scientific work. She was elected as Director of Research in 2007 by the “Space and Society” academic committee of the CNRS. She was promoted to First Class Director by this same committee in October 2014. She received her “Habilitation à Diriger des Recherches” in Anthropology in 2012 from the École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris. In 2007, along with the late Prof Barry Chevannes, University of the West Indies (Jamaica), Prof Robert Lafore, Sciences Po Bordeaux (France métropolitaine), and Prof Justin Daniel, Université des Antilles (Martinique), she founded the FIFCA (“Filière Internationale France Caraïbe”), a Joint Research and Teaching Programme. The “FIFCA” includes a teaching curriculum for co-diploma BSc/MSc in International Politics and Cooperation and gives access to doctoral studies. Coming from the University of the West Indies, the University of Antilles and Sciences Po Bordeaux, the students are studying together through annual mobility between each university in France and the Caribbean. In 2014, she founded the Group of Research « Caribbean and Transatlantic Worlds on the Move » (Mondes Caraïbes et Transatlantiques en mouvement) at the Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) in Paris. She is responsible of this group until today (http://www.fmsh.fr/fr/recherche/24268). Since 2014, she has been elected “Visiting Fellow” at Kellogg College, University of Oxford.

Her studies focused on materiality, space and identity, mainly in the Caribbean societies and through Caribbean presence in Europe. She has studied memories of slavery and cultural trauma through different expressions found in testimonies of descendants of slaves in Jamaica and Martinique; incorporated and verbalized memories; material traces;  material museographical discourses (both in old slaving ports in France and UK and in the Caribbean) etc. Her last work on this field consists in a comparison between two anti-colonial revolts (Morant Bay Rebellion, Jamaica, 1865 ; Insurrection du Sud, Martinique, 1870) based on encounters with great-great grandsons of the insurgents. She is currently involved in a research on “contemporary art and power” in Martinique. A large part of this work is also dedicated to theoritical and epistemological reflexion with analysis of « the life of the concepts and paradigms » (« diaspora », « imagined community », « creolization », « Black Atlantic », « incorporated memory », « human/non-human » …) linked to successive turns (poststructuralist, postmodern, postcolonial, material, decolonial…). Her aim is to link a reflexive stance to an empirical research animated by a critical perspective.

Ouvrages d’auteur

2022, L’humain-l’inhumain : l’impensé des nouveaux matérialismes, (Matérialité, ontologie, plantationocène), Préface d’Elsa Dorlin, Éditions Atlantiques déchaînés, Selles-sur-Cher.

1998, Espace et identité à la Martinique. Paysannerie des mornes et reconquête collective (1840-1960), Paris, CNRS-Éditions, 298p.

2004, La diaspora noire des Amériques. Expériences et théories à partir de la Caraïbe, Paris, CNRS-Éditions, 258p.

2011, The Black Diaspora of the Americas. Experiences and Theories out of the Ca²²ribbean, Kingston, Ian Randle Publishers, 231p. (traduction revue et modifiée de l’ouvrage précédent).

2012, L’esclavage. Du souvenir à la mémoire, Paris, Karthala, 618 p.

Directions d’ouvrages

1999, Discours scientifiques et contextes culturels : géographies britanniques et françaises à l’épreuve postmoderne, édité par C. Chivallon, P. Ragouet, M. Samers, Talence, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine.

2006, Les diasporas dans le monde contemporain, édité par W. Berthomières et C. Chivallon, Paris, Editions Karthala, en coédition avec la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, Pessac.

Articles et chapitres d’ouvrages (sélection) : voir ci-dessous le lien de la liste complète et celui des articles en ligne

2002, « Beyond Gilroy’s Black Atlantic : the Experience of the African Diaspora », Diaspora. A Journal of Transnational Studies, 11(3), pp. 359-382.

2006, « Rendre visible l’esclavage. Muséographie et hiatus de la mémoire aux Antilles françaises », L’Homme, 180, pp. 7-42.

2007, « Retour sur la « communauté imaginée » d’Anderson. Essai de clarification théorique d’une notion restée floue », Raisons Politiques, 27, pp. 131-172.

2017, « Colonial violence and civilising utopias in the French and British empires: the Morant Bay Rebellion (1865) and the Insurrection of the South (1870) », (Chivallon, C. & Howard D.), Slavery & Abolition, 38 (3), pp. 534-558.

2018, « Decoding the diaspora of Stuart Hall, Historicity, performativity and performance of a concept”, African and Black Diaspora: An International Journal, 11(3), pp. 279-292

2018, « Mémoires du corps animalisé en contexte colonial : le faux débat de la modernité, de l’humain et du non-humain », in : Aje L., Gachon N. (Eds), La mémoire de l’esclavage. Traces mémorielles de l'esclavage et des traites dans l'espace atlantique, Paris, L’Harmattan, pp. 17-48.

2019, « Aux origines du ‘colour blindness’ républicain et du ‘racial thinking’ multiculturel.  Approche comparée des Empires coloniaux français et britanniques et de deux révoltes anticoloniales en Jamaïque (Morant Bay, 1865) et en Martinique (Insurrection du Sud, 1870) », (Chivallon, C. & Howard D.), Outre-Mers. Revue d’histoire, t. 107, n° 402-403, pp. 151-178.

2020, « Décoder la diaspora de Stuart Hall. Historicité, performativité et performance d’un concept », Diasporas. Circulations, migrations, histoire, n° 34, pp. 111-128

2020, « La Guyane, la carte et le texte : l’abyssalité critique », in : Noucher M. et Polidori L. (éd.), Atlas critique de la Guyane, CNRS-Éditions, pp. 320-322.

2021, « Plantationocène. La culture de plantation matrice de l’anthropocène (entretien avec Bérénice Gagne) », A°2021, École urbaine de Lyon, pp. B17-B-23, (avec les photographies des œuvres de l’artiste plasticien Jean-François Boclé).

2021, « Le plantationocène » (entretien avec Bérénice Gagne), in : Lussault M., Demoulle J. P. Néolithique Anthropocène. Dialogue autour des douze mille dernières années, Éditions deux-cent-cinq, collection “À partir de l’Anthropocène”, pp. 73-83

2021, « Le ‘vrai-faux’ tournant matériel. Comment penser l’humain et le non-humain après le cultural turn ? » in : Hancock C., Géographies anglophones, Nouveaux défis, Presses de Paris Nanterre.

2022, « Le Palais de la Porte Dorée. D’une trilogie improbable à l’ombre de la Nation française », in : Baur Ruedy et alii (éd.), Inscriptions en relation : des traces coloniales aux expressions plurielles, Civic City, Lars Müller Publishers, pp. 51-58.

Les publications en ligne

Liste  complète des publications (pdf)

CV scientifique (pdf)

 

MOOMOU Jean (Guadeloupe), Maître de conférences HDR, Histoire et anthropologie

Jean MOOMOU, docteur en histoire et civilisations (EHESS, Paris, 2009), maître de conférences en histoire des mondes moderne et contemporain (depuis 2011) et habilité à diriger des Recherches (Université de Toulouse 2 Jean Jaurès, depuis 2020). Il exerce au sein de la Faculté Roger Toumson-UFR des Humanités caribéennes (Université des Antilles) ; membre du groupe de recherche (LC2S-UMR-CNRS 8053) et chercheur associé au GRENAL (Groupe de Recherches sur les Noir-e-s d’Amérique Latine, Université Perpignan Via Domitia).

La « structure faîtière » de sa recherche est la compréhension de l’humain, dans son unicité et dans sa multiplicité. Elle questionne aussi bien au discours que l’Homme tient sur son passé et la manière dont il le gère (approche étic) en insistant sur les interactions qu’il établit avec ses semblables et son environnement (approche émic). Elle étudie l’histoire du fait colonial à travers les discours et représentations de l’esclavage chez les populations d’origine africaine de la Guyane et des Antilles et l’anthropologie historique des sociétés orales. Jean Moomou travaille, depuis 2002, sur les sociétés en marge du monde colonial et postcolonial, singulièrement les Marrons du Surinam en Guyane française (XVIIIe-XXIe siècles), les Boni notamment et leur relation avec les autres Bushinenge. Depuis deux ans, sans pour autant abandonné son terrain initial, il est passé (avec le thème de l’inédit de l’Habilitation à Diriger des Recherches) à l’observation du comportement des voisins guyanais des Boni, les Amérindiens, les Créoles, à l’égard de la France, puis de l’ensemble des populations d’origine africaine totale ou partielle des Antilles françaises. Il engage une approche qui traverse leur recherche d’identité depuis l’abolition de l’esclavage (1848), en particulier vis-à-vis du modèle français, de la Nation française et de ce qu’elle leur offre dans ses propositions politiques et sociales en relevant ce qu’ils en retiennent, adaptent et en rejettent au fil du temps.

À travers ses thématiques de recherches qui touchent aux sociétés et cultures du monde colonial, à l’histoire du fait colonial, à l’esclavage et post-esclavage, Jean Moomou interroge les dynamiques sociohistoriques et interculturelles (colonisateurs et colonisés) dans les Guyanes, l’histoire des représentations et des pratiques sociales, la gestion du passé colonial dans les sociétés marronnes et créoles (Guyanes et Antilles françaises) ainsi que les politiques de mémoire. Il a écrit deux livres, a co-dirigé deux ouvrages, et a publié une vingtaine d’articles dans des revues scientifiques à comité de lecture et une vingtaine de chapitres d’ouvrages.

Bibliographie :

2021 : Moomou, J. « Patrimonialisation du marronnage : usages et pratiques au Suriname », Cahiers des Amériques latines [En ligne], 93 | 2020, mis en ligne le 10 mars 2021, consulté le 22 mars 2021. URL : http://journals.openedition.org/cal/10704 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cal.10704

2020 : Moomou, J. « Maroni-Lawa, espace paradoxal de négociation. Autorités coloniales et coutumières boni en Guyane française (1880-1965) », Cahiers d’études africaines, LX (3), n°239, 2020 : 615-651. [En ligne], 239 | 2020,                          mis en ligne le 03/012023. http://journals.openedition.org/etudesafricaines/31748; DOI:https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.31748.

2018 : Moomou, J. « Héritages de la société coloniale des XVIIe-XVIIIe siècle chez les Marrons businenge », Journal des Africanistes, n°88, 2018 : 60-100.

2015 : Moomou, J. « Le Mémorial ACTe : « Quai Branly de Guadeloupe, Louvre des Antilles-Guyane, Gorée des Amériques ! », Revue Outremers, 103, n°388-389, 2015 : 107-136.

2015 : Moomou, J. et apfom (dirs.), Sociétés marronnes des Amériques, Actes du colloque, Saint-Laurent-du-Maroni, Matoury, Ibis Rouge éditions.

2013 : Moomou, J. Les Marrons Boni de Guyane : luttes et survie en logique coloniale (1712-1880), Matoury, Ibis Rouge éditions.

STOLL Émilie (Martinique), Chercheur CNRS, Anthropologie

Émilie Stoll est chargée de recherche en anthropologie sociale au CNRS.

Membre du LC2S, elle est également collaboratrice du Centro de Documentação Historica do Baixo Amazonas (CDHBA) de l'Université Fédérale de l'Ouest du Para (Brésil) et actuellement chercheur invitée au Centre Alexandre Koyré (CNRS/EHESS/MNHN).

Elle coordonne l’équipe EXORIGINS dans le cadre du projet Emergence(s) Ville de Paris « De la diversité bio-culturelle dans les jardins des Parisiens : circulations de personnes, de végétaux et d’imaginaires » (2019-2022).

Elle coordonne également plusieurs projets de numérisation d’archives judiciaires en Amazonie, avec le professeur Gefferson Ramos Rodrigues (UFOPA/CDHBA) : Modern Endangered Arquive Program (financé par UCLA Library) et « Amazonia Now » (financé par la Fondation Gerda Henkel).

Ses travaux de recherche, en Amazonie brésilienne, se situent à l'intersection de l'anthropologie américaniste (étude des groupes amérindiens d'Amérique du Sud), de l'anthropologie de la transmission (étude des migrations sur le temps long et construction du lien au sol) et de l'anthropologie de la nature (perception des dynamiques paysagères, rapports entre humains et non-humains).

Thèmes de recherche :

  • Circulation des personnes, des plantes et des imaginaires
  • Labilité identitaire et territoriale à l’épreuve des politiques multiculturelles
  • Perceptions des changements paysagers par les populations amazoniennes
  • Transmission d’altérités et mécanismes d’ancrage au sol
  • Déclassement social et autochtonisation des descendants de migrants

HAL : https://cv.archives-ouvertes.fr/emilie-stoll

Academia.edu : https://cnrs.academia.edu/EmilieSTOLL

ResearchGate : https://www.researchgate.net/profile/Emilie_Stoll

Travaux et/ou Publications récents* (les 5 plus importantes) :

2020 Stoll, E., MEDAETS, C., « Faire sa place et faire « famille » dans les villages de basse Amazonie (Brésil). Rôle de la socialisation enfantine dans les dynamiques familiales de transmission », AnthropoChildren, 9 (Varia), 2019-2020 [en ligne]. Mis en ligne le 25 septembre 2020.                 https://popups.uliege.be/2034-8517/index.php?id=3319

2020 : Simenel, R. ; Stoll, E. (2019). Comment devient-on Amérindien ou Chérif par une origine juive? Trajectoires généalogiques pour repenser le lien au sol en Amazonie et au Maroc. Lusotopie. Recherches politiques internationales sur les espaces issus de l’histoire et de la colonisation portugaise, 18 (dossier : Judaïsmes dans les lusotopies contemporaines), 218-246. Mis en ligne le 04 février 2020. https://brill.com/view/journals/luso/18/2/article-p218_5.xml DOI : 10.1163/17683084-12341744

2019 : Stoll, E. ; Alencar, E. F. ; Folhes, R. T. ; Medaets, C. (orgs.) (2019) Paisagens Evanescentes: Estudos sobre as Percepções das Transformações nas Paisagens pelos Moradores dos Rios Amazônicos. Belém: Editora do NAEA. ISBN: 978-85-7143-183-6

2019 : Stoll, E. (2019) “Vamos segurar nossas pontas!” Paisagem em movimento e domínio dos lugares no rio Arapiuns. In: Stoll, E. ; Alencar, E. ; Folhes, R. ; Medaets, C. (eds) Paisagens Evanescentes: Estudos sobre as percepções das transformações nas paisagens pelos moradores dos rios amazônicos. Belém: Editora do NAEA, 137-162.

2017 : Stoll, E. ; Fischer, L. R. C. ; Folhes, R. T. (2017) Recenser la propriété en Amazonie brésilienne au tournant du XXe siècle : des registres de terres de João de Palma Muniz aux cartes de Paul Le Cointe. Histoire & Mesure, 32(1) (dossier : Le chiffre et la carte. Pratiques statistiques et cartographiques en Amérique latine XVIIIe – XXe siècles, coord. J.-P. Beaud et C. Damasceno Fonseca), 53-90. https://histoiremesure.revues.org/5756 ; DOI : 10.4000/histoiremesure.5756

CV synthétique : https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2021/10/2020-02_CV_Stoll-siteweb.pdf 

LOZÈRE Christelle (Martinique), MCF Histoire de l’art HDR

Christelle Lozère est maître de conférences HDR en histoire de l’art au département d’histoire (Université des Antilles), co-responsable de l’équipe FRACA (CNRS UMR LC2S). Spécialiste des expositions et des musées coloniaux au XIXe-XXe siècle, sa thèse de doctorat, soutenue à l’Université Bordeaux-Montaigne, a été récompensée par le Prix du Musée d’Orsay 2011. Depuis une dizaine d’années, ses travaux portent sur l’histoire de l’art des Antilles françaises et de la Caraïbe en contexte esclavagiste, post-esclavagiste et colonial (XIXe-XXe siècles). Auteure de Bordeaux colonial 1850-1940 (Éd. Sud Ouest, 2007) et de La Croisière du Tricentenaire des Antilles et de la Guyane. Construction d’un imaginaire transatlantique (Éd. Maisonneuve & Larose, 2022), elle a aussi écrit une quarantaine d’articles consacrés à l’histoire de l’art de la Caraïbe française et anglaise. Elle a soutenu son habilitation à diriger les recherches Histoire de l’art des Antilles françaises en contexte esclavagiste et post-esclavagiste (XIXe siècle - 1943). Pratiques, réseaux et échanges artistiques en juin 2023 à l’Université Panthéon Sorbonne. Elle a été chercheuse invitée à l’INHA, au Clark Art Institute (Massachusetts), à la Villa Vassillieff et à l’Université de Cambridge.

Elle coordonne actuellement « Les Rendez-vous numériques en Histoire de l’Art des Antilles », carte blanche de l’INHA 2021. Elle collabore aux catalogues des expositions prochaines sur la Renaissance de Harlem au MET de New York et sur celle consacrée à Guillaume Lethière au Clark Art Institute/Louvre.

Depuis janvier 2024, elle est chercheuse en délégation CNRS INSHS au Musée du Quai Branly Jacques Chirac.

CV : https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2024/01/CV-LOZERE-DEC.-2023.pdf

Bibliographie récente et sélective :

2024 : Lozère C., « Artists from the Antilles in interwar Paris », Metropolitan Museum of Art, Yale University Press London (dir. Denise Murrell), février 2024, p 76-81.

2023 : Lozère C., Histoire de l'art des Antilles françaises en contexte esclavagiste et post-esclavagiste (XIXe siècle - 1943). Pratiques, réseaux et échanges artistiques, Habilitation à diriger des recherches, Université Panthéon Sorbonne, 27 juin 2023, 434 pages.

2022 : Lozère C., La croisière du Tricentenaire des Antilles et de la Guyane. Construction d’un imaginaire transatlantique, Hémisphères éditions, Maisonneuve et Larose, Mers & Empires collections, mars 2022, 186 pages.

2022 : Lozère, C., "Order and Disorder : The iconography of morality and colonial enslavement, Journal18, New York, Issue 13 Race, https://www.journal18.org/6322.

2021 : Sainton Jean-Pierre, Palmiste Clara, Lozère Christelle (dir.), Croisées d’images et de figures sociales en Guadeloupe et en Martinique (années 1920-1940), Bulletin de la Société d’Histoire de la Guadeloupe, n° 189, mai-août 2021, 172 p.

ACADEMIA : https://univ-antilles.academia.edu/ChristelleLOZERE

INHA : https://blog.bibliotheque.inha.fr/fr/posts/christelle-lozere.html

RESEARCHGATE : https://www.researchgate.net/profile/Christelle-Lozere

 

MOÏSE Myriam (Martinique), MCF Études anglophones, faculté de droit et d’économie

Myriam MOÏSE est Maître de Conférences à l’Université des Antilles (Martinique), chercheure statutaire du Laboratoire Caribéen de Sciences Sociales (affiliation CNRS, LC2S-UMR 8053) et lauréate de la bourse Recherche Fulbright 2019-2020. Depuis sa nomination en 2018, elle est Secrétaire Générale de UNIVERSITÉS CARAÏBE, l’Association des universités et instituts de recherche de la Caraïbe.

Myriam MOÏSE a obtenu un Doctorat en Études anglophones à l’Université de Paris 3 La Sorbonne Nouvelle et un PhD Literatures in English à l’Université des West Indies, Trinidad. Ses domaines de recherche concernent les études postcoloniales, les études sur le genre, et l’analyse du discours, plus particulièrement les textes produits par les femmes afro-caribéennes. Ses articles ont été publiés dans des revues internationales (Commonwealth Essays & Studies, PoCo Pages, Vertigo, Wagadu) et ses chapitres dans des ouvrages collectifs, notamment dans Diasporic Women’s Writing of the Black Atlantic: (En)Gendering Literature and Performance (Routledge 2014), Ville et Environnement: Regards Croisés sur le monde postcolonial (Michel Houdiard 2014) et Anthology Vodou I Remember (Lexington Books 2016).

Dr MOÏSE est très impliquée dans la mise en place de projets de recherche et d’éducation dans la région Caraïbe: Elle a été élue membre du comité exécutif de la Caribbean Studies Association et depuis 2018, elle intervient en tant que conseillère pour le Français auprès du Caribbean Examination Council (CXC). Elle est actuellement impliquée dans plusieurs activités de recherche dans la Caraïbe et les Amériques, dont la coordination, avec Pr. Justin Daniel, d’un programme « Recherche et Innovation » de l’Union Européenne Horizon 2020 “Connected Worlds: The Caribbean, Origin of Modern World” financé par la convention Marie Skłodowska-Curie qui vise à renforcer les collaborations transversales et transnationales (CONNECCARIBBEAN-823846).

 

Travaux et/ou Publications récents :

  • “Toronto dans l’imaginaire de la diaspora féminine caribéenne au Canada: En marge de la ville, au cœur de l’En-ville”. Ville et Environnement: Regards Croisés sur le monde postcolonial. André Dodeman et Cyril Besson, dir. Paris: Editions Michel Houdiard, 2014.
  • “(Un)Disciplining Bodies and Tongues, Performing Cultural Schizophrenia”, Commonwealth Essays and Studies. Paris: Presses Sorbonne Nouvelle, 2014.
  • « Biodiversité et corporéité dans la poésie diasporique caribéenne: Vers une esthétique écoféministe », Vertigo,  Autumn 2018.
  • « ‘Ain’t I a Woman?’ Nichols and N. Philip (Re)membering and Healing the Black Female Body », Commonweath Essays and Studies, Presses Sorbonne Nouvelle, Spring 2018.
  • « Jamaica Kincaid & Olive Senior: Gardening Through History, Cultivating New Female Subjectivities ». Wagadu: A Journal of Transnational Women’s and Gender Studies, Spring 2018.

VERDOL Philippe (Guadeloupe), MCF, Sciences Economiques

A mon arrivée à l’UAG (Pôle Guadeloupe), j’ai souhaité rejoindre une équipe pluridisciplinaire qui se constituait, mais celle-ci n’a pas su élaborer son programme de recherche et fonctionner. Sur place, j’avais ensuite le choix entre une équipe d’économétrie et rien du tout… J’ai alors choisi de travailler les thèmes qui m’intéressent en dehors de toute contrainte académique. Pendant quelques années, dans le prolongement de mes travaux de thèse, je me suis tourné vers le monde de l’entreprise (analyse économique de l’organisation de la disponibilité des équipements de production). J’ai réalisé plusieurs monographies sans chercher à en publier aucune. A partir de 2005, particulièrement sensibilisé au thème de la pollution /contamination de nos biotopes au chlorédone, je me suis orienté vers la problématique du développement durable. Cette fois, j’ai ressenti le besoin de communiquer le fruit de mes recherches : 1 colloque en 2006, 1 publication en 2007 et une autre en 2009. Ce thème a rejoint une autre de mes préoccupations qui est celle de l’altermondialisme - d’où un colloque en 2009 découlant de mon engagement dans le mouvement social de guadeloupéen ainsi qu’une nouvelle perspective de publication.

Tenant davantage au statut d’enseignant chercheur qu’à celui de simple chercheur, en 2010 j’ai demandé mon rattachement au LC2S.

DEHOORNE Olivier (Martinique), MCF, Géographie

Olivier Dehoorne est géographe, enseignant-chercheur à l'Université des Antilles (FWI) et à  Southwest University for Nationalities (Chengdu, Chine) et éditeur de la revue Études Caribéennes. Outre ses activités de recherche et d’enseignement, le Dr Olivier Dehoorne est également membre de la Chaire de recherche en partenariat sur l’attractivité et l’innovation en tourisme (Québec et Charlevoix).

Travaux et/ou Publications récents :

Olivier Dehoorne. Voyager dans les confins, de l’Insulinde à la Patagonie, avec Franck Michel. Etudes Caribéennes, Université des Antilles, 2017, La plaisance : développement touristique vs protection du littoral?, http://etudescaribeennes.revues.org/10751. ⟨hal-01625330⟩

Olivier Dehoorne, Sopheap Theng. Droit et politique du tourisme, par Jean-Marie Breton. Etudes Caribéennes, Université des Antilles, 2017, http://etudescaribeennes.revues.org/10782. ⟨hal-01625328⟩

Bruno Sarrasin, Olivier Dehoorne, Dominique Augier. Tourisme et ressources naturelles, prendre la mesure du défi. Etudes Caribéennes, Université des Antilles, 2016, http://etudescaribeennes.revues.org/9489. ⟨hal-01625317⟩

Olivier Dehoorne, Corina Tatar, Dominique Augier. "The paradoxes of a tourism crisis : the example of the island of Martinique (French West Indies)". Service Management, 2015, vol. 14 (n°3/2014, n° 820), pp. 69-85. ⟨hal-01270575⟩

Olivier Dehoorne, Sopheap Theng. « Étudier le luxe ». Etudes Caribéennes, Université des Antilles, 2015, ⟨http://etudescaribeennes.revues.org/7505⟩. ⟨hal-01270581⟩

TONDELLIER Michel (Martinique), MCF, Sciences de l’éducation

Maître de conférences à l’Université des Antilles depuis une dizaine d’années, M. Tondellier mène sur le territoire martiniquais des travaux sur trois axes : 1. une ethnographie des pratiques culturelles antillaises (combats de coqs, représentations de l’altérité), 2. l’expérience de la jeunesse antillaise en milieu scolaire : socialisation et contrôle social (conséquences de l’exclusion définitive d’un établissement scolaire ; port de l’uniforme aux Antilles ; sanctions, punitions et humiliation,…), 3. les jeunesses aux Antilles françaises (passage à l’âge adulte, décohabitation familiale,…).

Ces travaux, mis en perspective avec les recherches nationales ou internationales, alimentent des enseignements originaux créés en licence ou master sur le Pôle Martinique de l’Université des Antilles : « Introduction à la sociologie des jeunesses. Grandir ici… ou ailleurs ! »,  « Questions de genre dans la Caraïbe… et ailleurs aussi ! », « Rapports sociaux genrés en contextes scolaire et professionnel » et « Sociologie des exclusions ».

 

Travaux et/ou Publications récents :

Tondellier, Michel. (2006). Un établissement scolaire sous pression. Analyser les conseils de discipline au collège Balzac. Déviance et Société, 30(2), 179-202.

Demailly L., Van Zanten A., Da Costa S., Monfroy B., Tondellier M. (2006), « Les changements des modes de régulation dans le système scolaire français » ; pp. 171-205, in Christian Maroy, École, régulation et marché, Paris, PUF : « Éducation et société » ; 390 p.

Tondellier, Michel. (2014). Les Familles à l'épreuve des ruptures scolaires. L'orientation scolaire et professionnelle, 43(3), 315-335.

Bonnet, Estelle, Milly, Bruno, Tondellier, Michel, & Verley, Élise. (2014). La difficile féminisation des métiers à dominante masculine du transport ferroviaire : entre stéréotypes sexués du travail et représentations techniques des métiers ? Travail Emploi Formation(12), 78-100.

Tondellier, Michel, Savon, Dominique, Halbwachs, Dominique, Alexandrine, Murielle, & Nonone, Line-Rose (2018). Placer la jeunesse au cœur de l’évolution de la société martiniquaise Assises des Outre-Mer (pp. 52). Fort-de-France: Préfecture de la Martinique.

DUBOST Isabelle (Martinique), MCF, Anthropologie

Thèmes :

  • Anthropologie des migrations et des mobilités dans la Caraïbe
  • Construction et mobilisation des appartenances sociales et ethniques
  • Citoyenneté
  • Environnement - résilience

Les recherches conçues dans une perspective comparative s’articulent autour de trois axes. Le premier appréhende les divers modes d’expression des registres d’appartenances sociale et culturelle et les postures identitaires de groupes issus de l’immigration, les liens diasporiques et l’économie ethnique des « Chinois », des « Syriens » à la Martinique et des « Chinois » et des « Libanais » en Guyane.

Le second interroge les processus de production de différenciations et de frontières sociales et ethniques, ainsi que l’accès à la citoyenneté à la Martinique et en Guyane pour ces populations, mais aussi les configurations et stratégies d’inclusion et d’exclusion de certains groupes sociaux.

La problématique de l’environnement, du territoire et de la résilience des populations touchées par des processus de dégradation de leurs conditions de vie structure le troisième axe de recherche.

 

Travaux et/ou Publications récents :

2019 : Dubost, I. « Territoires circulatoires des « Chinois » de Guyane et de Martinique », Recherches Haïtiano-antillaises n°8, à paraître

2016 : Dubost, I. « L’association chinoise Fa Kiao Kon So de Guyane : enjeux de pouvoir, frontières ethniques et travail communautaire », in G. Collomb – S. Mam Lam Fouck (dir.) Mobilités, ethnicités, diversité culturelle. La Guyane entre Surinam et Brésil. Eléments de compréhension des mutations de la société guyanaise. Cayenne : Ibis Rouge, 233-255, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01664080

2009 : Dubost, I. « La Guadeloupe et la Martinique dans l’histoire française des migrations en régions de 1848 à nos jours », M. Giraud, I. Dubost, A. Calmont, J. Daniel, D. Destouches,  M. Milia Marie-Luce, Hommes et Migrations. Histoires des immigrations. Panorama régional vol.2,  n°1278, mars-avril, 174-197, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01655105

2008 : Dubost, I. « Les Libanais de Guyane : un modèle d'identifications multiples », Hommes et Migration, l’Espace caribéen institutions et migrations depuis le XVIIè siècle, D. Destouches (dir) n°1274, juillet – août, 62-75, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01643985

2008 :  Dubost, I. « Territorialité des « Chinois » et des « Libanais » guyanais », in S. Mam Lam Fouck (Ed.) Comprendre la Guyane d'aujourd'hui. Un département français dans la région des Guyanes. Cayenne : Ibis Rouge, 601-615, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01656084

CV complet

AUDEBERT Cédric (Martinique), Directeur de recherche CNRS, Géographie

Cédric AUDEBERT est directeur de recherche au CNRS, membre du Laboratoire Caribéen de Sciences Sociales (CNRS – Université des Antilles). Il enseigne à Sciences Po Paris et à l’Université des Antilles, et a enseigné dans une dizaine d’universités à travers le monde. Il a dirigé l’unité mixte de recherche CNRS « Migrations Internationales Espaces et Sociétés » (MIGRINTER), et est membre co-fondateur du Centre international de recherches sur les esclavages et les traites du CNRS (CIRESC). Il est le lauréat 2013 de la Caribbean Studies Association Award. Ses recherches portent sur les diasporas caribéennes aux Etats-Unis, dans les Amériques et en Europe. Il a publié près de 80 articles scientifiques et ouvrages sur ce thème. Il est membre de plusieurs comités scientifiques d’institutions traitant de ces questions, dont celui de la chaire Outre-Mer de Sciences Po Paris.

Liens web :

Page web HAL : https://cv.archives-ouvertes.fr/cedric-audebert,

Google Scholar : https://scholar.google.com/citations?user=mz28sR4AAAAJ&hl=fr

Thématique : Géographie des migrations et diasporas dans la Caraïbe et les Amériques.

Mots-clés : migration, diaspora, ethnicité, territoire, métropolisation, Caraïbe, Amériques.

Sélection de publications* :

2012, La diaspora haïtienne : territoires migratoires et réseaux transnationaux, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, collection Géographie Sociale, 196 p. URL : http://books.openedition.org/pur/26975

2017, “The recent geodynamics of Haitian migration in the Americas: Refugees or economic migrants?” Revista Brasileira de Estudos de População, 34 (1), 55-71. URL: https://rebep.org.br/revista/article/view/886

2010 (eds.), Migration in a Globalised World : New Research Issues and Prospects, Amsterdam : Amsterdam University Press, IMISCOE Research Series, 221 p. (with Mohamed Kamel Doraï). http://dare.uva.nl/document/174586

2011, « Les Antilles françaises à la croisée des chemins : de nouveaux enjeux de développement pour des sociétés en crise », Les Cahiers d’Outre-Mer, n° 256, 523-549. URL : http://com.revues.org/6409?&id=6409

2015, “Miami, métropole-carrefour des Amériques. Réflexions à partir de l’expérience migratoire haïtienne”, Problèmes d’Amérique Latine, n° 96, 107-123. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01456513

2011, « Catégorisation raciale, ethnicité et compétition spatiale des communautés afro-caribéennes aux Etats-Unis : géographie urbaine et stratégies politiques », Revue Européenne des Migrations Internationales, 27(1), 31-46. URL : http://remi.revues.org/5299