Les indemnités versées aux propriétaires d’esclaves recensées dans une base de données

logo CIRESC

Le LC2S a le plaisir de mettre à l'honneur le travail de Myriam Cottias (CNRS/LC2S/Fracage) et de son équipe :

           Les indemnités versées aux propriétaires d’esclaves recensées dans une base de données

Dans le cadre du projet de recherche « Repairs », une équipe du Centre international de recherche sur les esclavages et les post-esclavages du CNRS a retracé l’attribution et la circulation des titres d’indemnités au 19e siècle dans les anciennes colonies esclavagistes françaises, informations aujourd’hui publiées sous forme d’une base de données, la première du genre.

Après avoir aboli l’esclavage pour la seconde fois le 27 avril 1848, la France accorde en 1849 une indemnité aux anciens propriétaires d’esclaves de l’empire colonial, à La Réunion, en Martinique, Guadeloupe, Guyane, au Sénégal et à Nosy Bé et Sainte-Marie de Madagascar. À travers cette mesure controversée, l'État tente de préserver ses intérêts économiques dans les colonies dont la possession est en péril, les colons menaçant de quitter ces territoires. 126 millions de francs or y seront consacrés sous forme de versement immédiat en numéraire (6 millions) et de rente annuelle de 6 millions sur 20 ans, selon des montants différents pour chaque colonie : une somme qui représente une part importante des dépenses publiques. Ce travail a permis de montrer que les indemnités n’étaient pas réservées seulement aux grands propriétaires : plus de 30 % des bénéficiaires étaient des personnes de couleur, qui possédaient quelques esclaves (dans ces sociétés, le salariat n’existait pas). Par ailleurs, certains titres ont changé de mains afin d’éponger les dettes des anciens propriétaires : on pouvait donc devenir porteur de tels titres en tant que créancier mais sans avoir possédé d’esclaves. Fruit d’un travail de deux ans sur la base de plusieurs dizaines de milliers de documents d’archives, cette base se veut évolutive et collaborative : elle est amenée à être complétée au cours de futures recherches, ou par des utilisateurs qui souhaiteraient enrichir les données biographiques et généalogiques, en fournissant des sources.

Retrouvez toutes les informations sur le site du CNRS :

http://www.cnrs.fr/fr/les-indemnites-versees-aux-proprietaires-desclaves-recensees-dans-une-base-de-donnees?fbclid=IwAR1uHJmGHHDsxlMX5w2lTpA2WKDSbu1BBSn0_pcQzb01WnleTZvaB7cksxM

Base données REPAIRS

Clark Art Institute

Christelle Lozère

Le LC2S a le plaisir de vous annoncer que notre collègue Christelle Lozère, maître de conférences en histoire de l’art, et membre de l’équipe FRACAGE, est lauréate de la première Caribbean Art and Its Diasporas Fellowship du Clark Art Institute.

Cette fellowship soutient les historiens de l’art qui s’intéressent à la complexité de la recherche, de l’art et des pratiques visuelles dans les Caraïbes. Elle sera ainsi chercheuse invitée et boursière au prestigieux Clark Art Institute de Williamston dans le Massachusetts au printemps 2022.

https://www.clarkart.edu/

Le Clark abrite un centre de recherche, le Research and Academic Program, et un programme de master, le Williams College Graduate Program en Histoire de l’art, en coopération avec le Williams College. Ses collections se composent de peintures, sculptures, estampes, dessins, photographies et arts décoratifs européens et américains, du XIVe siècle jusqu’au début XXe siècle.

L’observatoire CoronAmazon

Les dernières nouvelles de l'Observatoire CoronAmazon lancé par l'IRCAB/LC2S  https://covidam.institutdesameriques.fr/lobservatoire-coronamazon-suivi-des-impacts-sociaux-de-la-covid-19-en-amazonie-bresilienne/?fbclid=IwAR34Yn6wz2jjeS9LH9UxI1GEzGExjgrWZShW7k9yVgkpeJwZB_aTz_rN1g0

Par Elise Capredon, anthropologue, ATER à l’Université Lumière Lyon 2 au Laboratoire d’Anthropologie des Mondes contemporains (LADEC FRE 2002), associée à Mondes Américains (UMR 8168)

Par Emilie Stoll, anthropologue, chargée de recherche CNRS au Laboratoire Caribéen en Sciences Sociales (LC2S UMR 8053)

Texte rédigé avec la collaboration de : Edna Alencar (UFPA), Tabatha Benitz (IDS Mamirauá), Thiago Cardoso (UFAM), João Paulo de Cortes (UFOPA), Luly Fischer (UFPA), Luiza Flores (UFAM), Ricardo Folhes (UFPA), Jean-Raphaël Gros-Désormeaux (LC2S), Lise Tupiassu (UFPA)

Racial Equity in the Caribbean

Webinaire "Racial Equity in the Caribbean"
mardi 15 mars à 12h  et 10:00 am (MX) / 11:00 a.m. (JA) / 12:00 p.m. (EC)
organisé en partenariat par Myriam Moïse (LC2S) avec ConnecCaribbean. 
Avec les interventions de Chelo Naranjo, Daniel Mato et Hilary Beckles. 

La traduction en simultanée sera assurée en français, anglais et espagnol, avec l'appui des organisations universitaires UDUAL/ECESELI et Universities Caribbean. 

Le lien pour s'inscrire est le suivant: http://bit.ly/UC-UDUALRACIALEQUITY

Webinaire de l’AFDEC

Le prochain Webinaire « (Re)penser les crises au prisme de l’exemple caribéen » de l’AFDEC aura lieu le 18 mars de 8h30 à 11h00 (GMT-4/Antilles). La session 1 porte sur le thème des Crises politiques et identitaires : la Caraïbe entre le local et le global.

Nos collègues de l’Université des Antilles ont répondu à l’appel.

Panélistes :

- Dimitri BÉCHACQ - Présidence de séance (Anthropologue, Chargé de recherche, Centre National de la Recherche Scientifique, LC2S UMR 8053, Université des Antilles;

- Éric JENNINGS (Historien, FRSC, Distinguished Professor, History of France & the Francophonie, Victoria College, Université de Toronto) ;

- Giulia BONACCI (Historienne, Chargée de recherche, Institut de Recherches pour le Développement (IRD) - URMIS, Université Côte d'Azur (France) ;

- Christelle LOZÈRE (Historienne de l'art, Maître de conférences, Université des Antilles, LC2S UMR 8053)

Animation :

Sally STAINIER - Présidente de l'AFDEC ; Victoria VILO - Vice-présidente de l'AFDEC

Horaires : GMT -5 / EST : 7:30-11:00 am ; GMT -4 / Antilles : 7:30-11:00 am ; GMT + 1 / Paris : 13h30-16h00 pm

Accès : 
https://afdecarib.org/webinaires

Pour consulter, le programme via le lien Calaméo (https://www.calameo.com/read/00662673328e445b72b18).

COLLOQUE INTERNATIONAL

Memorial Diamant

Université des Antilles et Le Mans Université, 7 – 8 – 9 décembre 2021, Schoelcher, Martinique 

Invité d’honneur : Achille Mbembe

Appel à communications

La question des discriminations et du racisme est plus que jamais au cœur des débats aujourd’hui en Europe, en Amérique et en Afrique. Le meurtre de George Floyd par des policiers de Minneapolis a révélé de nouveau et de manière brutale les conséquences mortifères d’un racisme structurel contesté par le mouvement « Black Lives Matter ». Des manifestations ont suivi pour exiger une nécessaire relecture de l’Histoire à travers ses symboles, des statues représentant des figures historiques qui avaient un lien avec l’Histoire de l’esclavage aux États-Unis, au Canada, en Grande Bretagne, en France, en Martinique, en Guadeloupe, à Barbade, à Trinidad-et-Tobago, à la Réunion, en Afrique du Sud ou au Sénégal. Il devient alors manifeste que le poids du passé écrase encore le présent, que les idéologies et les préjugés sont toujours transmis à travers le temps et les générations et perpétués par des groupuscules comme le Ku Klux Klan. Malgré toutes ces luttes qui ont abouti à l’abolition de l’esclavage, malgré les revendications pour les droits civiques et les Droits humains, les oppressions intersectionnelles persistent et le combat pour l’égalité et la justice doit se poursuivre. Le travail de mémoire a été mis en place mais la question fondamentale est de savoir s’il permet de changer les sociétés et de faire avancer les esprits vers plus d’équité et de respect de l’être humain quelle que soit sa couleur de peau. C’est ce qu’exprime Achille Mbembe qui souscrit pleinement au projet de montée en humanité prôné par Frantz Fanon dans Peau noire, masques blancs. Dans l’épilogue de sa Critique de la raison nègre,Mbembe nous invite à mettre en commun nos différences, à élargir nos conceptions de la justice et de la responsabilité, et à nous défaire du fardeau de la race. « Il n’y a qu’un seul monde » affirme Achille Mbembe, « l’on aura beau ériger des frontières, construire des murs et des enclos, diviser, classifier, hiérarchiser, chercher à retrancher de l’humanité ceux et celles que l’on aura rabaissés, que l’on méprise ou encore qui ne nous ressemblent pas, ou avec lesquels nous pensons que nous ne nous entendrons jamais. Il n’y a qu’un seul monde et nous en sommes tous des ayants droit » (2013: 260-262).

Ce colloque nous invite en effet à envisager cette montée collective en humanité au prisme des créations littéraires, artistiques et socioculturelles qu’il s’agira d’explorer afin de repenser les espaces mémoriels et les représentations des lieux du trauma. Il propose d’aborder la manière dont les mémoires de l’esclavage pourraient être formulées et représentées différemment dans le présent afin de décoloniser les esprits et les mentalités. A titre d’exemple, ce désir de décolonisation culturelle et de changement se manifeste par l’utilisation consciente d’un vocable nouveau dans la langue anglaise. En effet, il est primordial de rompre avec l’esprit de la colonisation qui a réduit l’individu à une marchandise dans les comptes du commerce triangulaire. Il s’agit de changer la manière dont se conçoit l’asservissement de l’autre dans les esprits en utilisant des mots qui attirent l’attention sur les personnes (enslaved) dont le droit à la liberté est retiré par un système qui déshumanise (enslavement) plutôt que sur un statut (slave). L’action des propriétaires d’esclaves est également mise en lumière par le vocable enslaveremployé à la place de celui de master. S’il est vrai que la traduction du terme enslaveden français (esclavisé) commence à être utilisé en France dans les recherches les plus récentes sur l’esclavage, comment ce glissement sémantique s’applique-t-il véritablement en français ou dans d’autres langues comme l’espagnol? Décoloniser les mémoires de l’esclavage consisterait en effet à modifier le cadre terminologique donné tout autant que les modes de penser le passé et la place des individus dans l’Histoire.

Comment les arts et la littérature participent-ils à changer la manière dont est représenté et commémoré le passé de l’esclavage? Quelles techniques narratives ou picturales permettent de repenser les dynamiques de pouvoir qui ont produit une culture hégémonique laissant peu de place à l’humanité de l’Autre? Comment mettre en exergue les complexités des espaces mémoriels et les lieux du trauma pour poursuivre le processus de décolonisation culturelle? Comment décoloniser les mémoires à l’ère d’Internet et de la puissance des réseaux sociaux? Comment opérer un devoir de mémoire à travers les nombreux médias qui ne sont réactifs qu’à l’immédiateté? Notre réflexion devra examiner comment les écrivains et les artistes de manière générale réinventent le langage et l’image afin de recouvrer la subjectivité des êtres humains qui furent les prisonniers des systèmes du commerce triangulaire et de l’esclavage. Les propositions de communications pourront porter sur les possibilités de reformulations des mémoires de l’esclavage à travers les productions littéraires et artistiques, mais également sur le pouvoir des commémorations ayant suivi l’adoption de la loi Taubira (23 mai 2001) qui reconnaissait la traite et l’esclavage comme « crimes contre l’humanité ». Comment les universitaires et enseignants s’expriment-ils en rapport avec l’article 2 de la loi Taubira qui affirme: « Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent » ? Ce colloque invite les intervenants à analyser comment le passé de l’esclavage peut devenir l’objet d’une mémoire commune au-delà des récits de l’abolition.

Comité d’organisation:

Myriam Moïse

Dominique Aurélia

Christelle Lozère

Delphine Letort

Benaouda Lebdai

Eliane Elmaleh

Comité scientifique:

Dominique Aurélia (U. des Antilles)
Dimitri Béchacq (CNRS)
Bjorn Enge Bertelsen (U. Bergen, Norvège)
Myriam Cottias (CNRS)
Eliane Elmaleh (U. Le Mans)
Benaouda Lebdai (U. Le Mans)
Christa Maria Lerm-Hayes (U. Amsterdam, Pays Bas)
Delphine Letort (U. Le Mans)
Christelle Lozère (U. des Antilles)
Myriam Moïse (U. des Antilles)
Consuelo Naranjo Orovio (Instituto de Historia, CSIC, Madrid)
Sara Perry (Museum of Archeology, Londres)
Jean-Pierre Sainton (U. des Antilles)

Paula Mota Santos (U. Fernando Pessoa, Porto, Portugal)

Les propositions de communications (@350 mots) + bio-biblio (@150 mots) sont à envoyer au plus tard le 30 mars 2021 aux deux adresses suivantes:

Myriam Moïse : myriam.moise@fulbrightmail.org

&

Benaouda Lebdai:  benaouda.lebdai@gmail.com.

URL DE RÉFÉRENCE : https://decolonisation.sciencesconf.org/

Accueil en délégation CNRS

Le LC2S accueille en délégation CNRS (2020-2021)  Isabelle Dubost, anthropologue, maîtresse de conférences  à l'Université des Antilles et membre du LC2S pour un projet de recherche intitulé : "Mobilités, ancrages et appartenances dans la Caraïbe : être d'origine syrienne, libanaise, palestinienne et chinoise à la Martinique ; être d'origine libanaise et chinoise en Guyane".

Appel à articles, Revue Macte (prolongement 31 juillet 2021)

sculpture jean-Baptiste Carpeaux

La Caraïbe est aujourd’hui confrontée à une profonde crise sociale, environnementale et politique. Les récents bouleversements climatiques et virologiques ainsi que la paupérisation des populations vulnérables, contribuent à la montée des irrédentismes (nationalismes et des communautarismes entre autres), amplifiés par le mouvement international Black Lives Matter. Les héritages du passé esclavagiste, les plaies encore ouvertes, nourrissent les revendications identitaires, les postures militantes, les actes de destructions performées envers les symboles de la colonisation dans l’espace public et numérique (plaques commémoratives, statues, images stéréotypées). Un esprit de défiance se diffuse et se popularise contre un patrimoine artistique et iconographique de plus en plus contesté et décontextualisé. Les œuvres liées à l’univers esclavagiste, impérialiste, transatlantique ou postcolonial témoignent de mémoires historiques à interroger, pour mieux les comprendre et les déconstruire. Peintures, sculptures, gravures, photographies, mobiliers, objets, livres illustrés, renvoyant au fait colonial, conservés dans les musées, les bibliothèques, les centres d’archives et les collections privées du monde entier contribuent à faire parler le passé, éduquer les regards, susciter l’émotion, cheminer vers une forme de résilience. Si beaucoup de collections iconographiques ont contribué, à travers le temps, à diffuser des imaginaires impérialistes aux rapports déséquilibrés, à vulgariser et à enraciner les théories racialistes (A. Lafont), d’autres ont aussi dénoncé, par l’acte engagé de leur créateur, la violence du système de domination des peuples (M. Dorigny). La recherche dans les collections publiques et privées a en outre mis en lumière, dans le milieu artistique et culturel, des histoires chargées d'une présence diasporique souvent restées dans l’ombre. Elle a révélé des trajectoires de migration et de vie moderne évoluant au cours des décennies précédant et suivant les abolitions de l’esclavage. (D. Murrell). Les artistes avaient parfois des relations familiales et des amitiés proches avec leur modèle (D. Murrell, C. Lozère). Dès le XVIIIe siècle, l’identification, dans les sources primaires, d’artistes issus de la Caraïbe ou qui s’y sont installés (V. Poupeye, A. Cummins, C. Lozère), de pratiques et de traditions artistiques et artisanales insulaires, de contre-discours engagés, d’échanges et de métissages esthétiques, oblige à questionner ces œuvres, les trajectoires d’artistes ainsi que nos propres catégorisations et représentations mentales. Face à notre monde où la présence diasporique s’affirme, une histoire de l’art partagée et décentrée est à écrire. Il s’agit alors d’interroger comment les mémoires et les récits qui leur sont attachés, produits par le travail des artistes, se confrontent à ceux des empires (britannique, français, néerlandais et espagnol). Pourquoi ce patrimoine artistique est aujourd’hui rejeté ou révisé (S. Mintz, R. Price) ? Et dans quelles conditions intellectuelles, économiques et sociales se sont formés les répertoires esthétiques et le goût artistique dans une séquence historique dominée par l’esclavage (S. Gikandi), quelles marges de liberté avaient les artistes ?

Cet ouvrage examinera les approches méthodologiques, scientifiques et artistiques dans la valorisation et la gestion de ces collections à la mémoire sensible et fissurée. Il s’agira de montrer comment les chercheurs, les curateurs et les institutions muséales abordent désormais le passé esclavagiste et colonial ainsi que les questions raciales à travers une lecture analytique critique et historicisée des œuvres témoignant parfois de positionnements nationaux contrastés. La constitution et la provenance de ces collections seront interrogées ainsi que leurs fonctions, leurs inscriptions dans les espaces publics, privés, communautaires et familiaux, de même que les territoires de l’histoire, les cultures matérielles et visuelles, les séquences temporelles retenues (pré-esclavage, esclavage, abolition et batailles pour la citoyenneté, post-esclavage). Le rôle de l’exposition, comme espace d’études, d’échanges et de débats scientifiques, sera également questionné. Enfin, la parole sera donnée à des artistes sur leurs propres relations aux collections coloniales entre rejet, appropriation, détournement, déconstruction et reconstruction des formes.

Thèmes privilégiés :

- Approches méthodologiques, scientifiques et artistiques de la valorisation et de la gestion des collections muséales.

- Histoire de l’art et patrimoine colonial artistique de la Caraïbe, analyse critique et historicisé des œuvres

- Constitution des collections et leurs inscriptions dans leurs espaces d’accueil

- Relation des artistes contemporains aux collections coloniales caribéennes

Les articles sélectionnés donneront lieu à une publication en français dans le n°2 de la Revue du Macte. Une version en anglais est également prévue. Les propositions d’articles en français ou anglais, soumis au comité scientifique, sont à envoyer avant 31 juillet 2021 à l’adresse suivante : lozerechristelle@yahoo.fr ou christelle.lozere@univ-antilles.fr . Elles doivent comprendre un titre et un résumé de 150 mots maximum et une courte biographie en français et en anglais de 100 mots. L’ouvrage illustré sera constitué d’articles entre 15 000 signes et 20 000 signes.

Contact : lozerechristelle@yahoo.fr ou christelle.lozere@univ-antilles.fr

Coordinatrices du projet : Christelle Lozère (UA LC2S), Laurella Rinçon (Mémorial Acte)

Comité scientifique :

Ana Lucia Araujo, professeur d’histoire, Université Howard, Washington DC

Alissandra Cummins, directrice du Musée de la Barbade, UWI

Mamadou Diouf, professeur d’histoire, Université de Columbia, New York

Christelle Lozère, maître de conférences en histoire de l’art, UA LC2S, Martinique

Denise Murrell, conservatrice associée au Metropolitan Museum of Art, New York

Laurella Rinçon, conservatrice du patrimoine, Directrice générale du Mémorial Acte, MACTe Guadeloupe

https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2021/01/Appel-à-communication-Revue-MACTe-n2.2022-français-anglais.pdf

Nouvelle publication

Le LC2S a le plaisir de vous annoncer la parution de l’ouvrage de Lionel ARNAUD, Professeur de Sociologie à l’Université de Toulouse et collaborateur de l’équipe 3 FRACA.GE du LC2S,

La politique des tambours. Cultures populaires et contestations postcoloniales en Martinique, aux Éditions Karthala, 2021.

Le bèlè, le danmyé et la kalennda sont des danses et des musiques héritées de l’Afrique noire, de l’influence européenne et des contraintes du système esclavagiste qui font l’objet d’une attention renouvelée en Martinique, où associations et militants entreprennent de les faire passer du statut de « folklores » méprisés à celui d’instruments de reconnaissance politique, sociale et culturelle. Depuis plus d’un demi-siècle, les habitants de Bô Kannal, l’un des quartiers les plus défavorisés de Fort-de-France, ont contribué à ouvrir cette voie en faisant du carnaval un instrument de visibilisation, de promotion et de réinvention culturelles. Mais comment comprendre que des individus apparemment démunis soient parvenus à développer une mobilisation culturelle longue et intense à l’écart des institutions ?

Pour explorer les ressorts de cette énigme, ce livre s’appuie sur une étude serrée des acteurs et des pratiques de Tanbo Bô Kannal (TBK), une association créée par de jeunes habitants du quartier pour préserver et promouvoir leur « manière de vivre » et celle de leurs aînés. Dans le cadre d’une enquête ethnographique conduite entre 2011 et 2018, Lionel Arnaud a observé de l’intérieur les moyens mobilisés par les membres de ce collectif pour résister à l’emprise culturelle de la société dominante. En plongeant le lecteur dans l’histoire, l’espace de vie et les modalités d’organisation de ces militants, il montre comment les obstacles à l’agir culturel peuvent se muer en véritables incitations au changement social.

Plus d'infos sur le site de l'éditeur : https://www.karthala.com/questions-transnationales/3390-la-politique-des-tambours-cultures-populaires-et-contestations-postcoloniales-en-martinique-9782811128470.html

Livre
La politique des tambours, Lionel Arnaud

Webinaires de l’AFDEC 2021 – Appel à communication

(Re)penser les crises au prisme de l’exemple caribéen (date limite d’envoi des propositions : 30 janvier 2021)

À l’heure des pandémies mondiales et autres maux globalisés de l’ère capitaliste, le mot “crise” semble s’immiscer chaque jour un peu plus durablement dans nos quotidiens : chouchou lexical des médias ; tic langagier de la classe politique, hantise partagée des communautés. Chaque génération semble pourtant avoir connu quelque période de remous généralisés – qu’il s’agisse des grandes guerres du XXème siècle, des chocs pétroliers des années 1970 ou de la bulle des subprimes en 2007-2008. Or, certaines régions du globe arborent une étroite relation avec la notion de crise dans toute sa polysémie – notion qui marque toujours un moment singulier de rupture dans la temporalité du collectif, porteur d’un avant et d’un après.

La Grande Caraïbe est de ces espaces nés de l’imbrication des ruptures et de leurs constantes reconfigurations. De la quasi annihilation des civilisations amérindiennes – notamment dans les Antilles – au transbordement de millions d’Africains réduits en esclavage ; de l’avènement d’une matrice socio-culturelle plantationnaire à la construction de sociétés postcoloniales plombées par la dépendance structurelle ; des luttes pour l’autonomie politico-administrative aux souverainetés mitigées sur fond d’intégration supranationale ; des risques naturels habituels aux nouvelles menaces que constituent les algues sargasses et les brumes de sables pour une région familière de l’asphyxie : le champ des études caribéanistes n’a eu de cesse d’explorer l’espace social caribéen en termes de crises et de résilience, d’aléas ou de catastrophes.

En effet, si ces problématiques ne se limitent aucunement à la région ciblée, force est de constater que l’intersectionnalité et la superposition des crises au sein de cet espace (somme toute, restreint) depuis cinq siècles, en fait une aire d’étude privilégiée quant à la place que celles-ci peuvent tenir dans nos sociétés. Les pratiques sociales, culturelles et politiques qui en découlent s’agrègent et se recomposent lors de moments ou d’actes politisés, par le biais d’une pluralité de vecteurs et de lieux (littérature, rapports de genre, mobilisations collectives, appropriation de l’espace, etc.). Est-il possible, pour autant, de réduire le panorama des sociétés caribéennes à un perpétuel amoncellement de crises dont les échos se font entendre à intervalles sourds mais réguliers par-delà ses frontières géographiques et diasporiques ? Le caractère résilient imputé à ces sociétés n’alimente-t-il pas le risque d’essentialisation des populations concernées, aux dépens d’une prise en compte approfondie des dimensions sociohistoriques et politiques qui sous-tendent et englobent chacune des crises traversées? Jusqu'où peut-on avancer que la crise est consubstantielle de l’histoire « moderne » de la Caraïbe? L’actualité nous invite à interroger et revisiter la place de la crise dans nos sociétés contemporaines, au prisme, tant synchronique que diachronique, de l’expérience caribéenne.

La série de rendez-vous virtuels programmés tout au long de l’année 2021 au titre des Webinaires de l’AFDEC, aura ainsi à coeur de (re)penser les crises au prisme de l’exemple caribéen ; ce, dans l’optique de replacer la Grande Caraïbe en point de départ théorique, empirique et méthodologique pour l’appréhension d’un concept dont la banalité croissante tend à éclipser la complexité.

Axes thématiques :

https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2021/01/Webinaires-AFDEC-Appel-à-communication-.pdf 

Modalités de participation

Les participant.e.s sont invitée.e.s à proposer d’ici le 30 janvier 2021 :

- Un panel thématique, constitué de trois à cinq intervenant.e.s (président.e inclu.e.) et éventuellement d’un.e discutant.e;

- Une table ronde, constituée d’un.e président.e et de trois à quatre e.s ;

- Une contribution

Les propositions, d’une longueur maximale de 350 mots pour les contributions individuelles et de 700 mots pour les propositions collectives, sont à envoyer au comité d’organisation de l’AFDEC à : afdec.asso@gmail.com

Elles doivent inclure :

- Le ou les axe/s thématique/s auxquels la proposition se rattache ;

- Un titre et un résumé présentant la question de recherche posée et l’approche méthodologique adoptée ;

  • Pour les propositions de panels et de tables rondes, le nom de la personne chargée de présider la session, des intervenant.e.s et éventuellement du.de la e.

Les interventions auront lieu tout au long de l’année 2021.

Comité d’organisation 

Marie LAROSE (Trésorière) / marie_larose@brown.edu

Sébastien NICOLAS (Secrétaire) / sebastien.nicolas.edu@gmail.com

Sally STAINIER (Présidente) / sally.stainier@gmail.com

Victoria VILO (Vice-Présidente) / victoria.vilo@hotmail.fr