Appel à propositions d’articles

Appel à propositions d’articles pour la revue Agora débats/jeunesses

Dossier : « Être jeune outre-mer » (2023/2) Dossier coordonné par Michel Tondellier, maître de conférences, université des Antilles et Arnaud Régnier-Loilier, directeur de recherche, INED

Argumentaire et modalités : https://localhost/aac_agora94/

CALENDRIER PRÉVISIONNEL :

15 mai 2022 : remise des propositions d’articles (1 à 2 pages avec la problématique, la méthodologie et le plan de l’article et une courte notice biographique) à envoyer aux deux coordinateurs.

1er juin 2022 : sélection des propositions d’articles et réponse aux auteur·trice·s.

30 septembre 2022 : remise des articles aux coordinateurs.

1er novembre 2022 : évaluation des articles et retour aux auteur·trice·s.

Janvier 2023 : remise des articles dans leur version définitive

Mai 2023 : parution du numéro.

Les articles (entre 30 000 et 35 000 signes) préciseront la problématique, les données empiriques mobilisées, le cadre dans lequel l’étude a été menée, la méthodologie employée et les résultats obtenus.

COORDINATION DU NUMÉRO

Michel Tondellier : michel.tondellier@univ-antilles.fr

Arnaud Régnier-Loilier : arnaud.regnier-loilier@ined.fr

PUBLICATION

L'équipe FRACA a le plaisir de vous annoncer la sortie de l'ouvrage

La Croisière du Tricentenaire des Antilles et de la Guyane

Construction d’un imaginaire transatlantique,

194 pages + livret couleurs de 28 pages.

par notre collègue Christelle Lozère

Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre du programme «  Acteurs, images en réseaux Europe/Caraïbe 1920-1946  », lauréat de l’appel à projets Monde(s) en Mutation 2018-2022 de la FMSH porté par le LC2S et dirigé par l'auteur.

Disponible en achat en ligne dès le 8 mars chez l'éditeur Maisonneuve & Larose Hémisphères ; dans les librairies à partir du 17 mars https://www.hemisphereseditions.com/la-croisiere-du...

D’octobre 1935 à mars 1936, les « vieilles colonies » d’Amérique commémorent les trois cents ans de leur rattachement à la France. Le Tricentenaire s’inscrit dans la logique de la propagande assimilationniste, marquant de manière spectaculaire et festive l’appartenance des Antilles et de la Guyane à la mère patrie.

L’ouvrage de Christelle Lozère aborde cette commémoration sous un angle original et inédit, peu connu : celui de sa croisière maritime, qui en fut pourtant la pièce maîtresse et le fil conducteur. « Apothéose » de la narration, la Croisière du Tricentenaire scénarise l’arrivée en Guadeloupe et en Martinique des délégations officielles venues en nombre depuis Le Havre, porteuses dans la Caraïbe des valeurs françaises. Le paquebot Colombie de la Compagnie générale transatlantique incarne la puissance maritime et militaire des empires du passé et du présent, ses nostalgies et ses espoirs de développement économique, touristique et patrimonial pour le futur. Il rassemble parmi ses passagers l’élite politique, savante et artistique coloniale de l’entre-deux-guerres, expression du triomphe de l’assimilation dans la « Méditerranée américaine ».

À la frontière entre histoire politique, maritime et histoire de l’art, l’ouvrage révèle notamment le rôle de la Société coloniale des artistes français, des hommes politiques noirs et des femmes artistes dans la construction d’un imaginaire post-esclavagiste aux ambitions touristiques affichées, impulsant durablement depuis le continent un « rêve des Antilles » tout en fixant de nouveaux stéréotypes par ses images insulaires fantasmées.

Christelle Lozère est maître de conférences en histoire de l’art, coresponsable de l’équipe FRACA [CNRS UMR LC2S] et responsable de la licence d’histoire à l’Université des Antilles. Sa thèse sur les expositions coloniales en France, soutenue à Bordeaux III, a reçu le Prix du Musée d’Orsay en 2011. Elle est l’auteur de Bordeaux colonial 1850- 1940 (éd. Sud-Ouest] et de nombreux articles sur l’histoire de l’art des Antilles en contexte esclavagiste et post-esclavagiste. Elle est aussi chercheuse invitée à l’INHA (2021) et au Clark Art Institute (printemps 2022).

Flyer croisière du Tricentenaire : https://localhost/flyer-croisiere-du-tricentenaire-c-lozere/

Séminaire BEST/FRACA

Les équipes BEST et FRACA du LC2S ont le plaisir de vous inviter à leur séminaire transversal :

 

L’insularité caribéenne à l’épreuve des risques et catastrophes « naturels »

Dialogue autour des « causes profondes » des vulnérabilités 

Vendredi 18 mars 2022 de 9 h 45 à 13 h 00
(heure de Martinique)

Lien Zoom : https://u-pec-fr.zoom.us/j/82729505771?pwd=Nm1pRjFCNjZHTU15QWxVbzVpSTlRZz09

ID de réunion : 827 2950 5771 / Code secret : 285042

Ce séminaire a pour vocation d’échanger autour de l’« hyper-vulnérabilité » qui caractérise les territoires insulaires de la Caraïbe, en rassemblant tant des chercheurs que des gestionnaires de crise (collectivités, ONG, État, etc.) issus de la région Caraïbe (archipel d’Old Providence & San Andrés et des Petites Antilles du Nord, comme Saint-Martin, entre autres). Dans une démarche à la fois comparative et réflexive, le principal objectif de cette rencontre est d’ouvrir un espace de dialogue pour échanger sur les capacités locales et régionales d’expertise et de recherche de ces territoires en matière de risque et catastrophes « naturels ».

 

9 h 45 - 11 h 15

Retours d’expérience
L’insularité caribéenne à l’épreuve des catastrophes « naturelles »

 

Christophe HÉNOCQ (Collectivité de Saint-Martin) : Le cas de Saint-Martin en 2017

Josephina HUFFINGTON (Association Veeduria Civica) : Le cas d’Old Providence en 2020

DISCUTANTS

Ana Isabel MÁRQUEZ PÉREZ (Universidad Nacional de Colombia-Sede San Andrés)

Thierry NICOLAS (MINEA, Université de Guyane)

 

11 h 20 - 13 h 00

Table ronde
Dialogue autour des « causes profondes » des vulnérabilités

 

Conclusion transversale

Dimitri BÉCHACQ (CNRS-LC2S) & Yann BÉRARD (UA-LC2S)

 

Organisation & animation : Morgane LE GUYADER (UA-LC2S) & Justine BERTHOD (IHEAL-CREDA)

 

Présentation : https://localhost/seminaire-transversal-bestfraca-18-mars-3/

SÉMINAIRE DE RECHERCHE

Source : Jean-Paul Menu, village boni, du Maroni, 1968

L'équipe FRACA du LC2S a le plaisir de vous inviter à la présentation de la recherche de Jean Moomou

"Du village à l’Université"

Le vendredi 11 mars de 14 h à 16 h (heure Antilles)

Lien Zoom : https://cnrs.zoom.us/j/99681992478?pwd=S1djR3FaY3k1WDQvWVRuQSt0ZCtpQT09

ID de réunion : 996 8199 2478

Code secret : M7B4df

Depuis mon enfance passée dans un village sur les rives du fleuve Maroni-Lawa, où rien ne me prédestinait à devenir historien dans une université française, s’est enraciné en moi un intérêt pour les interactions humaines, dont La Danse (1909) tableau de Matisse (dans lequel plusieurs personnes se tiennent par la main), me semble la parfaite illustration. Cet intérêt, qui caractérise ma vie personnelle, est devenu aussi le thème de ma recherche.

Sensible aux récits entendus au village auprès des Anciens j’en suis venu au fil de ma scolarité, à l’idée d’écrire l’histoire scientifique des Boni, des bushinenge d’une manière générale, de leur relation avec les Amérindiens et les Créoles. J’avais besoin de comprendre en saisissant le monde des Marrons en son vécu et en son intelligence. Cette quête de sens m’a conduit, depuis quelques temps, à m’intéresser aux populations d’origine africaine totale ou partielle des Antilles et des Guyanes.

Jean MOOMOU, Docteur en histoire et civilisations (EHESS, Paris, 2009), Maître de conférences en histoire des mondes moderne et contemporain (depuis 2011) et Habilité à Diriger des Recherches (Université de Toulouse 2 Jean Jaurès, depuis 2020). Il exerce au sein de la Faculté Roger Toumson-UFR des Humanités caribéennes (Université des Antilles) ; membre du groupe de recherche (LC2S-UMR-CNRS 8053), chercheur associé au GRENAL (Groupe de Recherches sur les Noir-e-s d’Amérique Latine, Université Perpignan Via Domitia), à l’IMAF (Institut des mondes africains) et membre de la revue Sonorités (AFAS).

Cf. le programme : https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2022/02/Séminaire-de-recherches-Jean-CL-scaled.jpg

APPEL À PARTICIPATION

QUESTIONS DE « RACE », COULEUR ET FAIT COLONIAL DANS LES

 MONDES ANGLOPHONES : NOUVEAUX CORPUS, TERRAINS ET CHANTIERS

29 juin – 1er juillet 2022, Fontainebleau

Contact : ecolethematiquelarca2022@gmail.com

Date limite de réception des candidatures : le 1er mars

Ouvert aux chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs de recherche et doctorants

Cette école thématique a pour objectif de confronter différents types de savoirs relatifs à la « race », à la couleur et au fait colonial afin de les diffuser à un public de chercheurs varié. Ces rencontres visent dans le même temps à faire émerger des problématiques scientifiques (d’ordre théorique, méthodologique, voire éthique et moral) à la fois transversales et spécifiques que soulèvent ces thématiques de recherche. En cela, l’école représentera un intérêt majeur dans la formation de doctorants d’horizons divers non familiers des études anglophones. Les chercheurs et chercheuses de l’aire anglophone qui, travaillant en France, sont parfois en porte-à-faux avec les débats savants et publics de leur propre pays, qu’ils et elles peuvent juger étriqués ou dépassés (alors qu’ils se déclinent autrement), trouveront dans cette école thématique un lieu d’échange scientifique constructif. Ils gagneront à établir des ponts entre leurs objets et problématiques de recherche et les débats français sur des thématiques plus ou moins proches de celles d’autres chercheuses et de chercheurs en histoire, histoire de l’art, sciences politiques ou encore socio-anthropologie.

Pour en savoir plus :

https://mhma.hypotheses.org/category/race-couleur-histoire-race-colour-history/symposia?fbclid=IwAR3FyfVHrFbgvS_UMcXzHUJn7EqIv7ZfFZlPqOTkPYf_JXoROhlDKWjQ18s

APPEL À COMMUNICATION

LITTÉRATURES ET HISTOIRE EN TERRE (S) COLONIALE (S) ET POST-COLONIALE (S)

DÉCRYPTAGE À PARTIR DES ANTILLES ET DES GUYANES (XIXe-XXIe SIÈCLES)

Cette journée d’étude se propose de questionner l’écriture de l’histoire à travers les enjeux de transcription, d’interprétation ou encore de réception, inhérents à la littérature. Elle s’inscrit pleinement dans le projet d’écriture théorique et critique que l’équipe FRACA du LC2S (Laboratoire Caribéen de Sciences Sociales, Université des Antilles) développe depuis quelques années en tentant de mettre en évidence une approche épistémologique de l’écriture de l’histoire de l’espace Caraïbe-Amérique-Amazonie.

Dans le désir d’exploration identitaire qui les caractérise, les littératures antillaise et guyanaise, accordent une place centrale à l’examen de la réalité historique et elles ont joué un rôle décisif, non seulement dans l’écriture du passé qui obsède littéralement les peuples qui en sont issus, mais également dans la quête identitaire des habitants de ces territoires, bien avant l’intervention des historiens universitaires.

La relation qui se noue entre ces deux disciplines que sont la littérature et l’histoire a, depuis longtemps, fait l’objet de nombreux débats dans les milieux universitaires français et étrangers, en Amérique latine notamment. Le questionnement théorique n’est donc pas nouveau : en 2011, par exemple, il a nourri une riche réflexion au sein d’un numéro de la revue Le Débat et le travail mené par Roger Chartier sur le lien entre l’histoire et ce que certains chercheurs ont nommé les « savoirs de la littérature » (Étienne Anheim et Antoine Lilti, Annales HSS, 2010, p. 253-260) en est un autre exemple. Plus largement, les rapports entre écriture et de vérité ont alimenté diverses réflexions, parmi lesquelles on retiendra celles qui ont été menées par des auteurs tels Michel de Certeau (L'Écriture de l'Histoire, 1975), Michel Foucault (Ordre du discours, 1970), Roger Chartier (Au bord de la falaise. L’histoire entre certitudes et inquiétude, 1998), Paul Ricœur (La mémoire, l’histoire, l’oubli, 2000), François Hartog (« Ce que la littérature fait de l’histoire et à l’histoire », 2013), etc.

Cependant, en dépit de quelques rares approches - la journée d’étude sur « Penser et dire la recherche depuis la marge (Caraïbes/Guyanes)» (AIHP- GEODE ET ADECAM/MC, 2020) et le programme de recherche ANR ALTER (2018)-, cette question n’a pas véritablement suscité de débats théoriques au sein du monde universitaire des Antilles et de la Guyane. Une telle démarche réflexive paraît pourtant particulièrement nécessaire, dès lors que nombreux ont été les écrivains antillo-guyanais à investir le champ du passé, et ce, bien avant que les historiens de profession ne s’en chargent réellement à partir des années 1960 et 1980. Qu’ils soient auteurs de romans, de poésie, de théâtre ou d’essais, ces écrivains font désormais autorité dans le discours identitaire et historique des Antillo-Guyanais, et leurs écrits sont exhibés en tant que grilles d’analyse et d’interprétation des phénomènes de l’histoire coloniale et de l’esclavage. Cette prévalence du discours littéraire dans l’espace intellectuel des Antilles et de la Guyane rend éminemment malaisée et complexe toute distinction entre ce qui relève d’une analyse historique au sens propre et ce qui relève du monde de la fiction.

D’un autre côté, l’approche épistémologique, méthodologique et heuristique qui fonde le discours historique ne saurait faire l’impasse sur l’apport de la littérature. L’influence de la littérature savante, engagée, production des militants nationalistes anticolonialistes, notamment, ou encore de la littérature orale dans l’écriture du passé est une chose connue. Cependant, l’exigence de vérité qui habite l’historien se heurte à la liberté d’invention sans laquelle le discours littéraire n’aurait pas de raison d’être : le romancier reconstitue « ce qui n’a pas eu lieu, à la rigueur ce qui aurait pu advenir » (Nadeau 1999 : 77), L’historien recherche ce qui a eu lieu et ce qui est effectivement advenu. Pourtant, au sein de l’espace antillo-guyanais, la réception de ces deux modes d’écriture se révèle quasi identique. Il arrive même que le discours littéraire, artistique prenne l’avantage sur le discours historique, engendrant discordances, crispations et conflits. Les réflexions théoriques d’Hayden White (Metahistory, 1973) s’inscrivent au centre des débats sur cette question : en analysant l'organisation intellectuelle des données et connaissances historiques, il établit une égalité de statut entre le discours historique et le texte littéraire qui partagent, selon lui, la même valeur d’autorité.

À partir de l’expérience historique des sociétés antillaises et guyanaises, surtout avec la montée de la pensée décoloniale qui remet radicalement en question toute l’épistémologie de l’historiographie occidentale, il sera donc question durant cette journée d’étude d’attirer l’attention d’une part, sur l’importance de la littérature dans l’écriture de l’histoire et sur sa prégnance dans le discours historique et identitaire ; d’autre part, sur la rencontre entre le « savoir littéraire » et la pratique des historiens. Il s’agira également de comprendre ce que cette polarisation engendre en termes de réception et ce qu’elle indique en termes de pratiques.

La thématique placée au cœur de cette journée d’étude est certes centrée sur les Antilles et les Guyanes, mais se veut accueillante à d’autres aires géographiques, dès lors qu’elles sont approchées dans une démarche comparative incluant les espaces antillais et guyanais.

LES AXES THÉMATIQUES (NON EXHAUSTIFS) VISÉS SONT LES SUIVANTS :

1- Les Antilles et les Guyanes dans la littérature ethnographique (littérature de voyage, chroniques, etc.).

2- Littératures antillo-guyanaises et les questions coloniale et identitaire.

3- Représentations littéraires et artistiques de l’esclavage et du marronnage.

4- Histoire et écriture théâtrale.

5- Dire musical, oralité et histoire.

6- Savoirs littéraires et apports dans la compréhension d’histoires troublées.

7- Enjeux de la fictionnalisation de l’histoire antillaise et guyanaise : narration, dialectique de la vérité et de la vraisemblance.

8- Écriture féminine du passé : une spécificité ? 9-Approches théoriques

Réception des propositions de communication accompagnées d’une brève fiche bio-bibliographique. Á envoyer avant le 20 Mars 2022 l’adresse suivante : jdelitteratureshistoire2022@gmail.com.

Cf. L'appel à communication complet : https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2022/02/APPEL-A-COMMUNICATION-JOURNEE-DETUDE-LITTERATURES-ET-HISTOIRE-EN-TERRE-S-COLONIALE-S-ET-POST-COLONIALES.pdf 

SÉMINAIRE DE RECHERCHE

Quartier Jalousie, Pétionville, Port-au-Prince © Dimitri Béchacq

L'équipe FRACA a le plaisir de vous inviter à la prochaine séance de son séminaire de recherche

qui aura lieu

vendredi 18 février de 14h à 16h (heure de Martinique) :

Migrants homosexuels immoraux : comment les inégalités socio-économiques, l'espace et l'homophobie se croisent pour construire les migrants haïtiens homosexuels en tant qu'"immoraux" ? 

par Carlo Handy CHARLES.

Discutants : Cédric AUDEBERT (Géographe, DR CNRS, LC2S) & Joëlle KABILE (Dr en Science politique, LC2S/UA)

Depuis le début de leur migration vers les Amériques et l’Europe dans les années 1950, les migrants haïtiens ont assuré la survie socio-économique des non-migrants en Haïti. Ils l'ont fait principalement en envoyant chaque année plus de trois milliards de dollars américains à leurs familles et amis restés au pays. Ainsi, les migrants haïtiens sont perçus comme ayant un impact économique positif sur le pays. Cependant, certains d’entre eux sont critiqués pour avoir adopté des comportements sexuels, tels que l'homosexualité, qui enfreignent apparemment les valeurs familiales haïtiennes « traditionnelles » dans une société « chrétienne » largement conservatrice. Cette critique ravive des débats de longue date sur le rôle des migrants dans l'utilisation de leur argent pour normaliser les relations homosexuelles romantiques et intimes ainsi que pour pervertir la moralité sexuelle et les normes de genre acceptables chez les non-migrants en Haïti. Bien que l'homosexualité ait toujours existé en Haïti et que les relations amoureuses et intimes entre les hommes homosexuels en Haïti et ceux à l'étranger existent depuis longtemps, ces relations ont rarement été étudiées dans la recherche universitaire. Pour combler cette lacune, cette présentation s'appuie sur une recherche de terrain d’un an dans le nord d'Haïti pour examiner la manière dont l'inégalité des ressources entre les migrants et les non-migrants se croise avec l'homosexualité et l'espace pour construire les migrants homosexuels haïtiens comme immoraux tout en reconnaissant leur soutien économique vital à Haïti.

Carlo Handy CHARLES est doctorant en cotutelle en géographie au LC2S (UMR 8053 CNRS/Université des Antilles) et en sociologie à l’Université McMaster en Ontario, Canada. Sa thèse examine les liens entre la diaspora haïtienne et la sexualité en Haïti. Carlo Handy Charles est fellow de recherche à l'Institut Convergences Migrations (CNRS/Collège de France) à Paris et lauréat des bourses d'excellence de la Fondation Pierre Elliot Trudeau (2019) et du programme Vanier du Gouvernment du Canada (2020).

Lien zoom : https://cnrs.zoom.us/j/95463047406?pwd=NW1qU0E1bWZFNmRKOExEbHRXTGNHQT09

Programme : https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2022/02/Séminaire-FRACA-18-février-C.-H.-Charles-1.pdf

Séminaire BEST/FRACA

©Florence MÉNEZ, SaRiMed, AMURE-IUEM, 2021

Les équipes BEST/FRACA du LC2S ont le plaisir de vous convier à leur prochain
séminaire de recherche en commun (invitation en pièce-jointe) :

Séminaire de recherche transversal BEST/FRACA du LC2S

Cycle « La santé aux Antilles au prisme des SHS 

Sargassum Crisis/Crise des sargasses

Regards croisés sur les projets SaRiMed et CESAR

Vendredi 11 février 2022, de 14 h 30 à 16 h 30 (heure des Antilles)

Faculté de droit et d’économie de Martinique, Campus de Schoelcher

Connexion à distance : https://univ-antilles-fr.zoom.us/j/87125039287

À propos des projets

SaRiMed : https://www.umr-amure.fr/projets-scientifiques/sarimed/

CESAR : https://anr.fr/Projet-ANR-19-SARG-0005

Lieux rayés, lieux raillés : quand les sargasses rebattent les cartes de l’habitable

par Florence Ménez, coordinatrice du projet SaRiMed

florence.menez@univ-brest.fr

Résumé de l’intervention : La présence massive des sargasses sur le littoral martiniquais, le changement dans le paysage et/ou les gênes/symptômes occasionnés par les émanations de gaz, dégradent-ils les conditions de l’habitable au point de redessiner l’occupation du territoire ? Les données qualitatives de la recherche SaRiMed permettent à ce stade de questionner, dans une perspective diachronique et dans la synchronie, les fluctuations dans les perceptions et les pratiques de l’habiter littoral en Martinique. Nous présenterons ainsi la qualification des odeurs et ce qu’elles peuvent dire du rapport au phénomène, au corps et à son lieu de vie ; comment les émanations de gaz tracent des frontières, et construisent une nouvelle carte de l’habitable, entre des lieux « rayés de la carte », des lieux taxés de « Sargasse city », et de nouveaux lieux investis/envisagés par les mobilités géographiques, temporaires ou pérennes ; enfin, nous souhaitons ouvrir la discussion sur les questions que posent ces nouvelles pratiques et représentations, sur la littoralisation, sur l’architecture, sur le champ des possibles/de l’enviable.

Florence Ménez est docteure en anthropologie sociale et culturelle (EHESS, Paris) et en histoire sociale européenne contemporaine (Université Ca’ Foscari, Venise), ingénieure de recherche à l’UMR AMURE-IUEM-UBO, et collaboratrice au LC2S. Ses premières recherches sur les littoraux du Nord Adriatique (Italie) et breton lui ont permis d’envisager de nouvelles interactions interspécifiques entre humains et non-humains, lors de proliférations (algues, palourdes) et accidents technologiques (marées noires, pollutions de l’eau), notamment sous l’angle des dynamiques imaginaires et matérielles, du rapport autochtonie/allochtonie, des mobilisations, traductions artistiques et formes narratives alternatives. Depuis 2018, elle consacre ses recherches aux problématiques des sargasses. Elle a participé au programme Eco3Sar (ADEME-CNRS, 2018-2020), au groupe de recherche sur les sargasses du CHUM, et coordonne la recherche SaRiMed, concernant les impacts sanitaires et sociaux des échouements de sargasses sur le littoral martiniquais et guadeloupéen (financement Fondation de France, 2021-2023). Parmi ses publications récentes au sujet des sargasses : « Les lanceurs de SOS : entre mobilisations profanes et expertes pour la reconnaissance du problème des échouements de sargasses en Martinique »Écologie & politique, 63, 2021, p. 107-119 ; « La télé est morte. Algues brunes, corrosion, contagion aux Antilles », Techniques & Culture, 72, 2019, p. 184-199.

CESAR contre Sargator, ou le droit au secours des sargasses*

par Victor David, participant au projet CESAR

victor.david@ird.fr

Résumé de l’intervention : « Sauver les sargasses ? » Vu des Antilles françaises, voilà qui peut sembler être une bien étrange proposition ! Depuis 2011, les afflux massifs de sargasses sur les littoraux de l’Ouest Atlantique central et de la Caraïbe en particulier sont considérés comme un véritable fléau à l’origine de problèmes sanitaires, économiques et sociaux. Le ramassage et l’élimination de milliers de tonnes échouées à chaque saison se révèlent être un casse-tête coûteux pour les populations, la biodiversité et les collectivités. La recherche effrénée de solutions pour faire face à ce phénomène a conduit à envisager, voire à opérer déjà, l’élimination des sargasses en pleine mer afin d’éviter qu’elles ne s’échouent sur les plages. Or les travaux de la première année du projet ANR CESAR ont conduit à valider l’hypothèse selon laquelle les sargasses ont un statut juridique variable en fonction de l’endroit où elles se trouvent et selon qu’elles sont vivantes ou mortes. Cette variabilité est riche de conséquences à de nombreux égards. Dans cette optique, nous soutenons l’argument qu’une protection juridique des sargasses vivantes en pleine mer – à l’instar de ce que font déjà les États-Unis par exemple – doit être sérieusement envisagée en droit français pour éviter leur destruction massive par des navires spécialement conçus à cet effet et dénommés « Sargator ».

*Cette présentation inclut les résultats de recherches menées par Stéphane Chaperon (doctorant à l’Université des Antilles) et Émilie Faroult (élève-ingénieure à AgroParisTech) dans le cadre de stages encadrés en 2021 au LC2S.

Docteur en droit et sciences sociales de l'Université Paris Sciences & Lettres-EHESS, Victor David est chargé de recherches à l'IRD, membre de l’UMR SENS (IRD-CIRAD-UPV Montpellier). Il a suivi une triple formation initiale en droit, science politique et langues & civilisations anglophones à l’Université Paris Nanterre. Ses activités de recherche et son expertise sont axées sur l’évolution du droit de l’environnement, notamment dans des contextes de pluralisme juridique dans l’outre-mer français et de présence de populations autochtones. Son autre thème de recherche porte sur les droits de la nature. Accueilli depuis novembre 2020 au LC2S, dont il est également collaborateur, ses travaux s’intéressent à la Caraïbe et l’Amérique latine et portent, entre autres, sur le statut juridique des sargasses dans le cadre du projet ANR CESAR. Lors de sa précédente affectation en Nouvelle-Calédonie, il s’est intéressé au droit et aux stratégies politiques d’adaptation au changement climatique dans le Pacifique Sud, à la protection juridique des déplacés environnementaux en Océanie et à la géopolitique de l’Océanie. Il coordonne à ce titre le projet CEPIL (2014-2023) d'appui scientifique pour l'élaboration du Code de l’environnement de la Province des Îles Loyauté. En septembre 2019, il a été nommé membre de la Capacity-Building Task Force de l’IPBES. Il est aussi chercheur associé de l’Observatoire international des droits de la nature basé au Québec.

Discussion assurée par

Isabelle Dubost, maître de conférences en anthropologie, Université des Antilles, LC2S

Aurore Phipps, doctorante en science politique, Université des Antilles, LC2S

Présentation : https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2022/01/2022-02_SargassumCrisis.pdf

Séminaire de recherche transversal BEST/FRACA du LC2S

                                                                       
Les équipes BEST/FRACA du LC2S ont le plaisir de vous convier à leur prochain séminaire de recherche en commun (invitation en pièce-jointe) :

Séminaire de recherche transversal BEST/FRACA du LC2S

Cycle « La santé aux Antilles au prisme des SHS »

Table ronde d’ouverture

Vendredi 28 janvier 2022, de 10 h 00 à 12 h 00 (heure des Antilles)

Faculté de droit et d’économie de Martinique, Campus de Schoelcher

Connexion à distance : https://univ-antilles-fr.zoom.us/j/87125039287

Au regard de l’actualité des crises sanitaires aux Antilles, de l’histoire longue (et moins longue) dans laquelle elles s’enracinent et de la demande sociale et politique croissante à laquelle les sciences humaines et sociales (SHS) sont aujourd’hui confrontées à leur égard, cette table ronde introduit un cycle de séminaires sur « La santé aux Antilles au prisme des SHS » qui invite 1) à dresser un état des savoirs de nos disciplines dans une perspective sociohistorique, 2) à questionner le positionnement du chercheur en SHS dans la cité par temps de crise, et 3) à réfléchir aux besoins et perspectives de la recherche en santé pour les SHS dans des contextes situés.

Avec les interventions de

Justin Daniel, professeur des universités en science politique, Université des Antilles, LC2S, président du Conseil économique, social, environnemental, de la culture et de l’éducation de Martinique (CÉSECÉM)

Laurent Morillon, professeur des universités en sciences de l’information et de la communication, Université des Antilles, LC2S, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation pour la Martinique

Stéphanie Mulot, professeure des universités en sociologie, Université Toulouse – Jean-Jaurès, CERTOP

Discussion et animation par

Dimitri Béchacq, chargé de recherche en anthropologie sociale et ethnologie, CNRS, LC2S

Yann Bérard, maître de conférences en science politique, Université des Antilles, LC2S

Myrtille Ferné, doctorante en socio-anthropologie à l’EHESS

Programme : https://pheeac-dev.pil-media.com/wp-content/uploads/2022/01/2021-01_Table-ronde_SASHS.pdf

👉 Prochaine séance du cycle « La santé aux Antilles au prisme des SHS » : Sargassum Crisis/Crise des sargasses : regards croisés sur les projets SaRiMèd et CESAR, vendredi 11 février 2022, de 14 h 30 à 16 h 30 (heure des Antilles).